Ma vie c'est de la merde, et je vous emmerde sur un forum
Bonjour à tous !
Comme vous l'avez sûrement deviné (oui, vous êtes super intelligents, tous), vous êtes sur un topic dédié à la poésie. Si vous avez lu un poème qui vous a plu, ému, amusé, et que vous voulez partager, n'hésitez pas !
Je commence avec un poème de Paul Eluard que j'aime beaucoup : La courbe de tes yeux. Extrait du recueil Capitale de la douleur, Eluard l'a écrit pour sa femme, Gala (Helena Diakonova).
Le voilà :
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.
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Liste des poèmes déjà partagés dans ce topic (par ordre alphabétique d'auteur)
Apollinaire, Guillaume
- L'adieu (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Les fenêtres (Identifiez-vous pour voir le lien) (référence aux Fenêtres de Robert Delaunay)
Arvers, Félix
- Sonnet (Identifiez-vous pour voir le lien)
Auden, Wystan Hugh
- Funeral Blues (Identifiez-vous pour voir le lien)
Bataille, Henri
- Sur Jean le Barbier de Tinan (Identifiez-vous pour voir le lien)
Baudelaire, Charles
- L'albatros (Identifiez-vous pour voir le lien)
- A une passante (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Le chat (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Le confiteor de l'artiste (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Don Juan aux Enfers (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Les femmes damnées (Identifiez-vous pour voir le lien) (mis en musique par Saez (Identifiez-vous pour voir le lien))
- L'homme et la mer (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Parfum exotique (Identifiez-vous pour voir le lien)
Bertrand, Aloysius
- Un rêve (Identifiez-vous pour voir le lien)
Blake, William
- Je voudrais voir le monde dans un grain de sable (Identifiez-vous pour voir le lien) (version originale en Anglais (Identifiez-vous pour voir le lien))
Cope, Wendy
- Bloody men (Identifiez-vous pour voir le lien)
Corbière, Tristan
- Déclin (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Le crapaud (Identifiez-vous pour voir le lien)
Desbordes-Valmore, Marceline
- Les roses de Saadi (Identifiez-vous pour voir le lien)
Desnos, Robert
- Si tu savais (Identifiez-vous pour voir le lien)
Du Bellay, Joachim
- Heureux qui comme Ulysse (Identifiez-vous pour voir le lien)
Eluard, Paul
- La courbe de tes yeux (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Liberté (Identifiez-vous pour voir le lien)
Ferré, Léo
- Avec le temps (Identifiez-vous pour voir le lien)
Garcia Lorca, Frederico
- Guitare (Identifiez-vous pour voir le lien) (version originale en Espagnol (Identifiez-vous pour voir le lien))
Guillaume, Louis
- Noir comme la mer (Identifiez-vous pour voir le lien)
Henley, William Ernest
- Invictus (en Anglais (Identifiez-vous pour voir le lien), en Français (Identifiez-vous pour voir le lien), dit par Alan Bates (Identifiez-vous pour voir le lien))
Hugo, Victor
- Demain, dès l'aube... (Identifiez-vous pour voir le lien)
Kipling, Rudyard
- If (Identifiez-vous pour voir le lien)
Laforgue, Jules
- Complainte sur certains ennuis (Identifiez-vous pour voir le lien)
Lautréamont, Isidore Ducasse, Comte de
- Extrait du chant II des Chants de Maldoror (Identifiez-vous pour voir le lien)
Leconte de Lisle, Charles-Marie
- Aux modernes (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Les Montreurs (Identifiez-vous pour voir le lien)
Montoya, Gabriel
- Noctambulisme (Identifiez-vous pour voir le lien)
Morcheeba
- Je vis, je meurs (Identifiez-vous pour voir le lien)
Musset, Alfred de
- La nuit de décembre (Identifiez-vous pour voir le lien) (lecture de ce texte par Anti (Identifiez-vous pour voir le lien))
- Le nuit de mai (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Non, quand bien même une amère souffrance (Identifiez-vous pour voir le lien)
Nerval, Gérard de
- El Desdichado (Identifiez-vous pour voir le lien)
- L'enfance (Identifiez-vous pour voir le lien)
Ponchon, Raoul
- La soupe aux oignons (Identifiez-vous pour voir le lien)
Prévert, Jacques
- Le désespoir est assis sur un banc (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Sables mouvants (Identifiez-vous pour voir le lien)
Rimbaud, Arthur
- Le cœur supplicié (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Le dormeur du val (Identifiez-vous pour voir le lien)
Ronsard, Pierre de
- Douce beauté meurtrière de ma vie (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Lance au bout d'or (Identifiez-vous pour voir le lien)
- La Motte féminine (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Sur la mort de Marie (Identifiez-vous pour voir le lien)
Saint-Amant, Marc Antoine Girard de
- Le Paresseux (Identifiez-vous pour voir le lien)
Shakespeare, William
- Sonnet 18 (Identifiez-vous pour voir le lien)
Verhaeren, Emile
- Asseyons-nous tous deux près du chemin (Identifiez-vous pour voir le lien)
Verlaine, Paul
- Chanson d'automne (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Je ne sais pourquoi (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Le ciel est par dessus le toit (Identifiez-vous pour voir le lien)
- Mon rêve familier (Identifiez-vous pour voir le lien)
Vigny, Alfred de
- L'âge d'or de l'avenir (Identifiez-vous pour voir le lien)
Wintle, Walter D.
- If you think you are beaten (Identifiez-vous pour voir le lien)
[ Discussion sur la tristesse au coeur de la poésie (Identifiez-vous pour voir le lien) ]
Dernière modification par astia (06/07/2011 18:38:11)
cola, Harusame, Antistène_Ocyroé aiment ça.
Euh en fait il fallait le mettre dans Bouillon de culture ! Quelqu'un peut le déplacer please ![]()


Un poème de Vigny, que je trouve très beau :
L'âge d'or de l'avenir
Le rideau s'est levé devant mes yeux débiles,
La lumière s'est faite et j'ai vu ses splendeurs ;
J'ai compris nos destins par ces ombres mobiles
Qui se peignaient en noir sur de vives couleurs.
Ces feux, de ta pensée étaient les lueurs pures,
Ces ombres, du passé les magiques figures,
J'ai tressailli de joie en voyant nos grandeurs.
Il est donc vrai que l'homme est monté par lui-même
Jusqu'aux sommets glacés de sa vaste raison,
Qu'il y peut vivre en paix sans plainte et sans blasphème,
Et mesurer le monde et sonder l'horizon.
Il sait que l'univers l'écrase et le dévore ;
Plus grand que l'univers qu'il juge et qui l'ignore,
Le Berger a lui-même éclairé sa maison.
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Ah oui effectivement
les poèmes ne sont pas vraiment à leur place dans le vide-merde !
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Et on a le droit de poster quelque chose de sa composition sur lequel on aimerait avoir un avis objectif, sans prétention aucune ?
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La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Baudelaire
Les Fleurs du mal, 1857
Mon poème préféré de Baudelaire.
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Souvenirs de rêves
Il y a de ces mélodies touchantes,
Ravivant d'anciennes émotions,
Fossiles de passionnelles ascensions
Et de bien plus vertigineuses descentes.
Fussent-elles à crinière blonde
Ou brunes et un peu rondes,
Je garde de chacune de ces fugitives
Quelques mélopées à valeur affective.
Ces souvenirs de rêves comme j'aime les appeler,
Tels les vestiges secrets d'anciens empires,
M'arrachent parfois une larme ou un sourire,
À la mémoire de celles que j'ai aimé.
Dernière modification par Harusame (04/01/2012 18:27:28)
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Harusame a écrit :
Souvenirs de rêves
Il y a de ces mélodies touchantes,
Qui ravivent d'anciennes émotions,
Fossiles de passionnelles ascensions
Et de bien plus vertigineuses descentes.
Fussent-elles à crinière blonde
Ou brunes et un peu rondes,
Je garde de chacune de ces fugitives
Quelques mélopées à valeur affective.
Ces souvenirs de rêves comme j'aime les appeler,
Tels les vestiges secrets d'anciens empires,
M'arrachent parfois une larme ou un sourire,
À la mémoire de celles que j'ai aimé.
- M'en vais pleurer. -
Haru, t'es trop fort, ton poème il est magnifique ![]()
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Megalotruk a écrit :
Harusame a écrit :
Souvenirs de rêves
Il y a de ces mélodies touchantes,
Qui ravivent d'anciennes émotions,
Fossiles de passionnelles ascensions
Et de bien plus vertigineuses descentes.
Fussent-elles à crinière blonde
Ou brunes et un peu rondes,
Je garde de chacune de ces fugitives
Quelques mélopées à valeur affective.
Ces souvenirs de rêves comme j'aime les appeler,
Tels les vestiges secrets d'anciens empires,
M'arrachent parfois une larme ou un sourire,
À la mémoire de celles que j'ai aimé.- M'en vais pleurer. -
Haru, t'es trop fort, ton poème il est magnifique
Tout à fait d'accord. ![]()
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Waw.
Ton poème il est juste magnifique.
Dernière modification par LaConnasse (13/06/2010 02:52:34)
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agath' a écrit :
Megalotruk a écrit :
Harusame a écrit :
Souvenirs de rêves
Il y a de ces mélodies touchantes,
Qui ravivent d'anciennes émotions,
Fossiles de passionnelles ascensions
Et de bien plus vertigineuses descentes.
Fussent-elles à crinière blonde
Ou brunes et un peu rondes,
Je garde de chacune de ces fugitives
Quelques mélopées à valeur affective.
Ces souvenirs de rêves comme j'aime les appeler,
Tels les vestiges secrets d'anciens empires,
M'arrachent parfois une larme ou un sourire,
À la mémoire de celles que j'ai aimé.- M'en vais pleurer. -
Haru, t'es trop fort, ton poème il est magnifiqueTout à fait d'accord.
La même ![]()


Megalotruk a écrit :
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Baudelaire
Les Fleurs du mal, 1857
Mon poème préféré de Baudelaire.
Ahha j'allais le proposer ! Je lit peu de poêmes mais celui là je l'ai étudié en cours et... il m'a vraiment marqué, c'est mon préféré également, du moins pour le moment.
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Bla bla bla
Je n'ai rien dit!
Dernière modification par cola (07/07/2011 18:48:01)
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Un autre que j'adore :
Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Rimbaud
Poésies, 1870
Oh_NO, bomberos_08, JunoMcGuff, Alprazolam025 aiment ça.
astia a écrit :
Un autre que j'adore :
Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Rimbaud
Poésies, 1870
Han, je l'avais appris au collège celui-là. Souvenirs, souvenirs.
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Julien a écrit :
Han, je l'avais appris au collège celui-là. Souvenirs, souvenirs.
Etudié au collège aussi, et je ne me lasse toujours pas de le lire (plus de 2 ans après ! [oui bon, en fait c'était y a pas très longtemps
])
cola : j'aime bien le tien aussi ! En revache, pas fan de la vidéo ![]()
Dernière modification par astia (13/06/2010 15:12:42)


merci
moi j'adore cette chanson de Saez, je trouve qu'elle retrace bien l'ambiance inquiétante de ses poèmes, mais bon, c'est vrai que c'est un peu spécial =/
sinon, pour les connaisseurs, je vous propose une poème d'un charmant auteur qu'on a eu cette année au programme, c'est un poème que j'ai appris en 6ème et qui ne veut pas sortir de ma tête depuis mesdames messieurs, le sonnet 31 de Du Bellay:
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.
je le trouve joli, léger musical, mais c'est bien un des rares poèmes de lui que je supporte encore après avoir planché dessus pendant un an
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cola a écrit :
sinon, pour les connaisseurs, je vous propose une poème d'un charmant auteur qu'on a eu cette année au programme, c'est un poème que j'ai appris en 6ème et qui ne veut pas sortir de ma tête depuis mesdames messieurs, le sonnet 31 de Du Bellay
je le trouve joli, léger musical, mais c'est bien un des rares poèmes de lui que je supporte encore après avoir planché dessus pendant un an
Ah oui celui-là ma petite soeur l'a appris et elle l'a récité tellement de fois que je le connais par coeur... Je l'aime bien aussi ![]()
Dans le même genre (toujours la Pléïade, mais Ronsard cette fois) :
Sur la mort de Marie
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;
La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ;
Mais, battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Ainsi que vif et mort ton corps ne soit que roses.
Second livre des amours, 1555


J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends
Guillaume Appolinaire - Alcool, l'adieu
Ma mère l'a mis en épitaphe sur la tombe de mon grand-père, je pleure dès que je le lis.
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J'ose en mettre un en anglais?!
de Wendy Cope - une de mes poètes contemporaines favorites.
Bloody Men
Bloody men are like bloody buses
You wait for about a year
And as soon as one approaches your stop
Two or three others appear.
You look at them flashing their indicators,
Offering you a ride.
You're trying to read the destinations,
You haven't much time to decide.
If you make a mistake, there is no turning back.
Jump off, and you'll stand there and gaze
While the cars and the taxis and lorries go by
And the minutes, the hours, the days
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Je vis, je meurs
Je vis, je pleure
Je vis de la mer
Je vis de la terre
Je le dis aux fleurs
Au lac de vapeur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon coeur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon cœur
Je vis, j'ai peur
Je crie de douleurs
En secret je m'enterre
Je cherche la chaleur
Je m'enfuis dans les airs
Au delà de la terre
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon coeur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon cœur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon coeur
Ton soleil réchauffe mon coeur
De Morcheeba avec Manda
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C'est amusant, ici, c'est un peu l'inverse du topic sur les livres haïs : alors que là-bas, on fustige généralement les ennuyeux classiques dont l'institution scolaire nous a abreuvés bien malgré nous ; ici, quand il s'agit d'évoquer nos poèmes préférés, on ne trouve presque que des poésies classiques, probablement étudiées en classe.
Ce n'est pas que ça m'étonne, mais je trouve le phénomène intéressant et significatif : alors qu'on lit encore beaucoup de romans en dehors de l'école (le roman est pratiquement devenu le genre hégémonique ; on ne publie presque plus de poésie et de théâtre contemporains) ; il n'y a quasiment plus qu'en classe que l'on prenne encore le temps de lire de la poésie - ou, si l'on prend le temps d'en lire plus tard, souvent, les heureux élus seront les poètes que nous avions étudiés plus jeune.
Pour ma part, je vais citer un poème peut-être un peu moins connu - encore que ses accents quasi-prophétiques ont contribué à le remettre un peu au goût du jour sur le net -, mais qui m'a toujours beaucoup marqué :
Aux modernes
Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde.
Votre cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en cette boue immonde.
Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,
Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.
Charles-Marie Leconte de Lisle,
Dernière modification par Antistène_Ocyroé (14/06/2010 21:22:43)
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