Vie de merde - Le forum / Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

#176 03/04/2017 00:36:39

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Décidément, l'inspiration ça va ça vient, mais ça vient pas souvent ni très vite. Enfin, j'ai quand même un petit texte, ça casse pas des briques, mais ça me va. Après tout, on n'est pas obligé de pondre un chef d'œuvre à chaque fois, le principal est de réussir à écrire en accord avec le thème. Et rien que d'avoir pu écrire un texte par semaine depuis déjà 13 semaines, je trouve ça incroyable en soi.

2017. 13. - Une histoire qui se passe entièrement dans un véhicule

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Ce n'est pas que ça me dérange, mais ça va faire une heure que vous êtes monté, et vous n'avez pas décroché un mot à part le bonjour en entrant, et la confirmation de votre destination. Vous savez, je ne prends pas souvent d'autostoppeurs, parce que j'aime bien ma petite tranquillité, mais je ne sais pas pourquoi, quand je vous ai vu au bord de la route, comme ça, sous la flotte, j'ai eu envie de m'arrêter. Alors, je pensais que, pour une fois, ça me changerait d'avoir un passager avec qui discuter, mais apparemment, je me trompais. Comme je disais, ça ne me dérange pas plus que ça, c'est juste que vu qu'à la radio il n'y a rien d'intéressant, ça aurait pu être sympa de tailler un peu le bout de gras, vous ne pensez pas ? Moi, je suis représentant en vins, c'est pour ça que je suis souvent sur la route, et que je fais de longues distances. Et vous… ? Non mais c'est pas grave, vous avez raison de vous méfier, après tout vous ne me connaissez pas, et puis, ça vous regarde. Moi, tant que vous n'êtes pas un convoyeur de drogue, ou un clandestin, bref, tant que je ne risque rien, ça me convient. Vous ne faites rien d'illégal, n'est-ce pas ? Très bien. C'est juste que la route est encore longue, et ça fait bizarre de se dire qu'on va passer encore quelques heures à rouler sans… Pardon ? Ah bah je pense bien, oui, il y en a encore pour plusieurs heures, c'est que c'est pas à côté, Vienne - tenez, là on va bientôt passer la frontière, et… Comment ça, il y a erreur ? C'était bien écrit « Vienne », sur votre pancarte, non ? Eh bien moi, je vais à Vienne, donc tout va bien. Pardon ? Bah… Vienne, la célèbre Vienne, celle de la valse, l'Autriche, tout ça ! Hé, mais qu'est-ce que vous faites, vous êtes fou !? Attendez, attendez, attendez, je m'arrête, là, voilà, voilà. Qu'est-ce qui se passe ? … Oh. D'accord, je comprends. Désolé vieux, vous auriez dû préciser que vous, vous alliez à Vienne, en Isère. Bon, bah… Bonne chance pour retrouver votre route, alors.



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Et cette fois je n'oublie pas de rappeler que le thème de cette semaine sera :
2017. 14. - Une histoire du point de vue du méchant


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#177 03/04/2017 08:00:38

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Aujourd'hui, je sais l'écrire.
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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017. 14. - Une histoire du point de vue du méchant

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Je hais cet endroit. Les success stories à l’américaine aussi. Je suis un sale type, moi, je suis pas là pour faire du bien. Et ce connard qui m’invite en plus. Pourquoi je me tire pas en lui faisant un doigt d’honneur devant les caméras ? Ah, la soirée juste après, oui. Il y aura de la bonne meuf. Nominé pour le meilleur scenario de série télévisée, qu’ils ont dit. Je lui trouvais l’air con mais le smoking sur mesure, ça vous change un homme. Le mien, c’est de la location. « Je t’invite, je tiens à ta présence ». Empaffé ! Tout ce que je voulais c’était rigoler un peu. Ce qu’on s’emmerde sans ses potes, c’est juste pas croyable. Et il vient sonner à ma porte, le voisin de palier, en me demandant de l’aide. Si j’avais pas été défoncé, je te l’aurais emplafonné. « Mon scenario est très bon ». Ils doutent de rien, ces ricains. Pauvre chou, il avait « du mal avec les noms des personnages. Vous, les Français, vous êtes tellement imaginatifs ». Ah ouais ? J’avais aucune idée, moi. Juste de la beuh.

And the winner is… Louis Finn ! Putain, il gagne en plus. Je vais lui faire bouffer ses dents toutes neuves, je te jure. Ah je lui en ai donné, des noms pour ses personnages. Le héros, Nick Tammer. Sa secrétaire, Dolly Pranh. Son meilleur pote, Ernie Discal. C’était trop facile avec son nom à la noix. Rien vu, rien deviné. Le scenario devait être bon, vu qu’ils l’ont pris et que la série s’est exportée. Moi, de l’autre côté du mur, je rigolais en attendant le buzz. Et il a fait quoi, Louis, quand le Net a vu le problème et a commencé à se foutre de lui ? Ben il a dit qu’il l’avait fait exprès. J’aurais fait pareil, remarque. Et il a continué. Mais sans moi. Pas un rond, pas un petit four à part ce soir. Ruby Surlong, c’est pas moi qui aurais trouvé ça. Zack Hapus et Brad Subradsew non plus.

Parce que Monsieur a un blog pour discuter et traduire, maintenant. Et ils font des propositions. Et un jour ils en feront un film, bullshit ! Vas-y, Loulou, fais-moi signe de la main. « Mon ami français qui m’a aidé au début et que je remercie du fond du cœur », c’est ça qu’il a dit ? Eh ben partage l’oseille, ducon, on sera quittes. Et si c’était vrai ? S’il m’avait manipulé depuis le début ? Je devrais le buter, ce bâtard. Mais il a déménagé, tu penses. Dans les beaux quartiers, hors de portée.

Avec mon bol, je vais tomber sur un... Putain, je l’avais oublié, Thad Boo. T’as intérêt à me caser avec une bombasse, Louis, sinon je prendrais mon plaisir autrement. Ou un combo, va savoir. Te trainer dans un angle mort quand tu seras bourré. Une overdose de dope frelatée ça n’étonnera personne ce soir. Ou une bulle d’air et après on enfonce la seringue dans la terre d’un pot de fleurs géant. Parce que j’ai aucun humour, en fait. Pas besoin d’arme pour un accident. Chez moi on est une arme. Ou une cible.

Alors vu que j’étais Français, j’étais forcément une tanche ? Kelly Rawnie ha ha elle est à moi celle-là… Vive la France, putain ! Dès que mes potes m’annoncent l’annulation du mandat d’arrêt, je rentre.


Si vous arrivez en retard, dites :
"C'est que je ne suis pas le premier venu".
Alphonse Allais

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#178 08/04/2017 12:08:02

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Et le topic est mis à jour ! ENFIN ! \o/
Le concours est fini (au moins pour le moment), je vois si j'arrive à rattraper certains thèmes. Je me sens tellement rouillée ! Merci à Tardian, Saad, Tataz et Tatiza pour leurs participations en ce moment chargé pour moi, et au plaisir de vous lire sur les thèmes présents et à venir. big_smile


«  Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons pas. »
Erik Satie

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tatazizou, Tardian aiment ça.

#179 08/04/2017 16:28:49

Aujourdhuit
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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Attention, je reprends du service ! big_smile

2017.14 Une histoire écrite du point de vue du méchant

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Inversion

Malgré tous mes efforts il m’est impossible, j’en suis navré, d’accéder à votre requête. On ne peut pas écrire cette histoire du point de vue du méchant parce que, voyez-vous, il n’y a pas de méchant dans cette histoire. Il n’y a que des fatalismes qui se bouffent la gueule.

Vous croyez qu’on ne me l’a pas déjà dit, que c’était moi le responsable de cette chienlit, que j’aurais dû, j’aurais pu mieux faire, qu’il aurait fallu choisir une autre option ? C’est facile a posteriori de redistribuer les rôles et de réécrire l’histoire. On nous apprend que l’Histoire avec une majuscule doit être remise en cause car elle a été écrite pas les vainqueurs. Celle-ci n’a été vue que par les yeux des victimes. Et puis j’aurais beau réécrire l’histoire, ça ne la fera pas revenir. Ce n’est pas ma faute.

Nous sommes des pierres qui roulent sur les flancs des collines, et nous ne roulons plus ou moins vite, plus ou moins fort, qu’en fonction de notre masse, nos rugosités, l’inclinaison de la pente et, si l’on veut être tatillon, la vitesse du vent. La liberté n’est qu’une illusion, nous ne disons que ce que nous sommes conditionnés à dire à un moment et dans des circonstances donnés. Lorsqu’elle m’a appelé à l’aide, je ne lui ai pas répondu parce que je ne pouvais pas faire autrement.

    Mais vous voulez reconstituer, alors reconstituons.

Un élément de contexte, tout d’abord. Nous étions proches, très proches, je ne le nie pas. Nous avions décidé d’un commun accord de faire front contre le monde, et de créer nos propres règles relationnelles. C’était beau, c’était grisant. Nous étions au-dessus du monde commun, trop occupé à subir des règles non choisies et des pulsions incontrôlables. J’aurais aimé que cela dure. Elle n’en avait hélas pas la force morale. Un soir, elle m’a appelé en pleurs, demandant à me parler au plus vite. J’étais avec quelqu’un d’autre, et cette soirée divertissante m’était nécessaire parce que j’étais fatigué du boulot et que je n’aimais pas la voir plus d’une fois par semaine. Je savais que malgré ses promesses, elle s’attachait vite, et je ne voulais pas qu’elle m’oppresse plus que de mesure. En m’appelant alors qu’on s’était vu deux ou trois jours plus tôt, elle rompait le pacte, ça me donnait toute latitude pour ne pas lui répondre sans que cela soit une faute. Elle savait très bien que je fonctionnais comme ça.

Lorsque j’ai écouté son message une semaine plus tard, j’ai compris que c’était grave. Je suis venu la voir et lui ai donc dit que je ne souhaitais plus la fréquenter. La vie est déjà trop compliquée et douloureuse pour se charger des problèmes des autres, et je savais bien qu’elle ne serait pas capable de ne pas m’en parler. Quand bien même elle l’aurait fermé, je n’aurais pu m’empêcher de penser à la nouvelle en la voyant, parce que c’était trop grave. J’ai toujours été très sensible, et constater le malheur des autres m’accable au point que je ne suis jamais en mesure de consoler personne. Il valait mieux pour elle comme pour moi que je la rejette. Elle n’y pouvait rien, mais ce n’était pas non plus ma faute.

D’autant plus qu’à partir du moment où elle avait cessé de répondre à mes besoins affectifs, qui lui avaient pourtant été clairement formulés, je n’étais plus tenu de remplir mes engagements auprès d’elle. Vous pouvez penser que ça fait de moi quelqu’un d’horrible, mais ce serait ignorer tous les contrats implicites sur lesquels se fondent les relations humaines. Tout rapport humain se construit sur un équilibre fragile entre les attentes des deux parties. Dès lors que le contrat est rompu par date de péremption, trahison soudaine ou désertion passagère, l’autre n’est plus tenu de rien. Le premier a dynamité le schéma social, l’autre n’a fait qu’être réactif. C’est triste, peut-être, mais cela a ses avantages : vous avez toujours devant vous la personne dont vous avez besoin à un moment donné. Qu’elle n’ait pas su évoluer aussi vite que moi, ce n’est pas ma faute. Croyez-bien que je suis désolé pour elle.

Vous m’apprenez aujourd’hui qu’on l’a retrouvée dans son appartement, le téléphone noyé dans un évier qui gargouille. Pas d’explication, et mon nom barré dans un répertoire où il n'y avait que lui. Je vous réponds qu’à mettre tous ses œufs dans le même panier, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait parfois des accidents.

Dernière modification par Hendiadyn (08/04/2017 16:30:11)


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#180 09/04/2017 00:24:53

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017.14 Une histoire écrite du point de vue du méchant

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Je dois l'avouer, ce serait mentir que de dire que je n'aime pas faire ce que je fait. J'aime mon travail, il paraît que c'est une garantie d'un travail bien fait. Et je dois dire que jusqu'à présent j'ai toujours fini le boulot comme il devait l'être. "Finir" je crois que c'est le mot juste. Oui. Finir, terminer. Mettre fin à une vie, quelle qu'elle soit. A présent je peux bien le dire, je suis un tueur. Me regardez pas comme ça, tout le monde possède cet instinct primitif au fond de soi. Moi, je l'exprime juste. Ça a commencé je devais avoir environ treize ou quatorze ans ... C'était purement du self-défense, mais j'y ai pris goût, comme l'héroïne, quand on y a goûté une fois on ne pense plus qu'au prochain fix. Le meurtre c'est la même chose, c'est quelque chose que personne ne peut ressentir si on ne l'a jamais fait. Donc ça a commencé comme ça, et puis en me faisant des relations j'ai finit par me lier d'amitié avec un petit dealer au début. Mais du dealer j'ai fini par rencontrer le chef de gang, lui vendre mes "services". C'était un peu brouillon au début, mais j'ai vite appris mes leçons.Très vite, je suis devenu ce "quelqu'un" ce quelqu'un que l'on connaît et qui règle tous les problèmes si on en a les moyens. Je me suis désolidarisé du gang pour travailler à mon compte. M'étant fait un nom, ou du moins une réputation. Et croyez moi, j'ai plus de commande que ce que l'on pourrait croire ! ça peut venir de n'importe où, du petit règlement de compte aux crimes passionnels en passant par la petite collégienne qui veut se venger ou même certains services secrets !
Contrairement à certains je n'ai aucune règles. Je tue Hommes Femmes et enfants tant que je suis payé pour ça. Les témoins aussi, si il y en a car oui ça arrive. Dommages collatéraux. La discrétion reste mon point fort, que ça soit au fusil sniper ou au corps à corps jusqu'à présent je n'ai jamais eu de problèmes. C'est pour cette raison que je n'accepte pas les demandes sur internet, on peut trop facilement remonter à la source, même sur le deep-web. Non. Moi on me rencontre, on me donne la moitié de la somme et l'autre moitié quand le job est fini. Sauf pour les suicides en différés. Deux chèques et j'encaisse le deuxième quand c'est fini. Ça aussi ça arrive souvent.
Or donc, et c'est ce que je disait, j'aime mon travail. J'aime tuer. alors pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable ? J'ai une petite préférence pour le meurtre à l'arme blanche, la nostalgie que voulez-vous. Mais le fusil sniper reste une valeur sûre. Mais pas cette fois. Aujourd'hui ma commande est un suicide en différé . Je ne sais pas pourquoi et je ne veux pas le savoir, c'est pas mon boulot. Autant se faire beau pour l'occasion, c'est pas souvent qu'on me demande ça comme ça. de passer la soirée avec mon client, enfin, ma cliente devrais-je dire. Un costume, bien se peigner. Et nous voilà parti. Le silencieux dans la poche intérieure.


Huh ? What was that ? I should kill everyone and escape ? Sorry. The voices. Ahaha, I'm kidding ! That's not what they really said.

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#181 09/04/2017 23:25:12

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017. 14. - Une histoire du point de vue du méchant

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Est-ce que les méchants savent qu'ils sont méchants ? Cette question philosophique revient régulièrement sur la table. Je répondrai que cela dépend des personnes, comme à peu près tout : certains sont réellement persuadés d'être du bon côté, quand d'autres savent pertinemment que ce qu'il font est mal, et en tirent même une intense satisfaction. Et puis, il y a toutes les possibilités intermédiaires. Par exemple, ceux qui font le mal sciemment, mais avec un objectif qu'ils estiment bénéfique pour le plus grand nombre, et justifie de nuire à quelques-uns. Ou d'autres qui n'ont pas d'empathie, et ne se rendent même pas compte de ce que leurs actes ont de terrifiant ou de maléfique pour ceux qui les subissent. Pour ma part, je sais que je suis quelqu'un de mauvais, je sais que, dans une histoire fictive, je serais immédiatement reconnu comme étant le méchant. C'est un choix. Ça ne me plaît pas plus que ça, mais on ne m'a pas obligé à être mauvais, je n'ai pas d'histoire triste qui expliquerait les raisons d'avoir choisi le mauvais côté. C'est un choix égoïste, c'est tout. Je n'ai pas toujours été le méchant, pendant une très longue période de ma vie, j'étais même plutôt l'opposé. J'étais bienveillant, j'aidais les autres, j'étais généreux et attentionné, je passais du temps avec les enfants, j'aidais les personnes âgées, j'essayais d'utiliser ce dont je disposais pour améliorer la vie de ceux que je pouvais aider. Je partais du principe que si mon bonheur dépendait d'actions bénéfiques, il y aurait plus de monde pour me soutenir et favoriser la réalisation de mes objectifs que s'il dépendait des souffrances ou du mal-être de quelqu'un d'autre. J'y ai cru dur comme fer pendant de très longues années, je me disais même que, quel que soit ce qu'il y a après la mort, il serait plus prudent d'y entrer avec un bon passif plutôt qu'une liste interminable d'actions condamnables. Je pensais aussi que les bonnes actions finiraient un jour ou l'autre par avoir des retombées positives, que ma vie deviendrait meilleure, que je me sentirais mieux, que je finirais par être heureux. Je me trompais. C'était une belle perspective, mais elle était aussi fausse qu'un billet de trente mille dollars. D'abord, avec le temps, et l'avancée de ma perception du monde et de la vie, j'en suis arrivé à la conclusion la plus logique qu'il n'y a absolument rien après la mort. Mourir, c'est cesser d'exister, par définition il ne peut rien y avoir après, puisqu'il n'y a pas d'après. Nous ne connaissons que l'existence, c'est pour cette raison qu'il nous est impossible de nous représenter l'inexistence, tout comme notre intelligence ne peut en aucun cas appréhender une autre intelligence si elle lui est supérieure, faute de disposer de l'intelligence nécessaire - comment une amibe pourrait-elle comprendre la bourse, ce qu'est une frontière géopolitique, ou même les notions de travail et de vacances ? C'est pourquoi l'Homme a tenté depuis des temps immémoriaux de dompter cette vérité inaccessible en usant de subterfuges tels que les dieux, l'âme, et autres concepts métaphysiques fumeux. Pour en revenir à mon cas, je pense que c'est ce constat sur l'aspect définitif de la mort qui a déclenché tout le reste. Enfin, plus exactement, ce constat a servi à la fois de déclencheur et de finalité. Il ne manquait plus que quelques arguments factuels et le basculement était inévitable. Déjà, après plusieurs dizaines d'années à faire de mon mieux autour de moi, à améliorer la vie des autres, j'ai dû me rendre à l'évidence : cela n'avait rien changé pour moi. Certes, ma vie n'était pas pire, mais elle n'était pas meilleure non plus. Je me suis toujours fichu de la richesse, du pouvoir et de la gloire, et je me passe très bien de reconnaissance parce que ça n'a jamais été mon but non plus. Je n'ai jamais eu de mal à me séparer des amis qui n'en étaient que par intérêt, et à conserver ceux qui m'appréciaient pour ce que j'étais plutôt que pour ce que je pouvais leur offrir. Malgré cela, je n'étais pas heureux. Je ne l'ai jamais été. Je n'ai jamais pu trouver l'amour, je n'ai jamais pu découvrir de belles choses, ni trouver ma place dans ce monde. Il n'y a qu'une seule chose que j'ai toujours pu nourrir sans discontinuer, depuis le tout début : la connaissance. Il y a tellement de choses à savoir ! Bien plus qu'une seule vie pourrait en amasser, et même cent ou mille vies. C'est là que le bât blesse. Accumuler des connaissances, pour qu'au final elles disparaissent avec moi lorsque je mourrais, quelle injustice ! Quel gâchis. Et quel intérêt si le but de tout cela est de simplement disparaître ? Je ne voulais pas. Je ne veux toujours pas. C'est ça qui m'a fait basculer. Le jour où, en étanchant comme souvent ma soif de connaissance, je suis tombé par hasard sur ce vieil ouvrage d'alchimie arabe datant du premier siècle de notre ère. Enfin, pas immédiatement. L'exemplaire que j'ai pu consulter avait été numérisé (l'original étant bien trop fragile pour être prêté), et la bibliothèque internationale qui en disposait m'en a fourni une copie avec bienveillance quand j'ai proposé d'en compléter la traduction. Le traducteur précédent n'avait en effet pas pris la peine de dépasser l'introduction et les trois premiers chapitres, lorsqu'il a constaté qu'ils traitaient de connaissances scientifiques de l'époque, relativement proches de celles d'autres régions du monde, et donc présentant peu d'intérêt historique en soi. Comme les spécialistes de cette écriture ancienne sont relativement rares et que d'autres manuscrits présentaient bien plus d'intérêt à priori, personne n'avait eu la curiosité d'en lire plus. Avant moi. Au début, je souriais en découvrant cette compilation des savoirs de l'époque - il faut bien avouer que l'on se sent toujours un peu supérieur à l'évocation de concepts scientifiques tels que les essences élémentaires et autres mélanges d'humeurs naturelles. Mais lorsque j'ai commencé à lire le chapitre treize, qui traitait des connaissances tirées de la magie des Anciens, indiquées comme interdites par les dieux et destructrices de l'âme, j'ai senti que je n'avais peut-être pas perdu mon temps. De fait, j'ai inventé une traduction totalement différente, de manière à ce que juste certains mots changent et qu'ils soit improbable que quiconque aille vérifier le texte original, puis j'ai renvoyé le tout à la bibliothèque. Je ne vais pas vous expliquer en détail ce que j'y ai réellement trouvé, car je tiens à en rester seul dépositaire aussi longtemps que je le pourrais, mais vous allez en comprendre la teneur, au moins pour un élément. Oui, ceci est tout à fait normal. Vous êtes paralysé parce que votre thé contenait une petite formule de ma composition. Ne vous inquiétez pas, vous ne mourrez pas ce soir. Ni même demain, si le hasard vous épargne un quelconque accident mortel. Cependant, je vais vous voler quelque chose. En plus de votre mémoire de la fin de cette soirée, bien évidemment. Tout à l'heure, lorsque le poison aura fait son effet et que vous dormirez d'un sommeil comateux, vous participerez malgré vous à un rituel très ancien, par lequel je m'emparerai d'un peu de votre substance vitale. Ce qui fait que, bien que rien ne sera visible extérieurement, vous perdrez approximativement dix ans de votre vie, qui viendront étendre la mienne d'autant. Je sais que ce n'est pas bien, mais, que voulez-vous, quand on trouve le moyen de prolonger sa propre vie aux dépends des autres, et que l'on estime, comme moi, avoir été floué par l'existence, on ne s'en prive pas.




Edit : oh, et même si Hendi est de retour (♪ Allélu…ia ♫), il n'y a pas de raison que je ne continue pas à indiquer le thème suivant. wink

Thème de la semaine :
2017.15. - Une histoire qui se déroule pendant un concert ou un festival

Dernière modification par Tardian (09/04/2017 23:43:24)


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#182 10/04/2017 00:47:11

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Aujourd'hui, je sais l'écrire.
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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Je viens grossir vos rangs ! big_smile

Je ne promets pas que je participerai à chaque fois (certains thèmes à venir ne m'inspirent absolument pas), mais ça fait un moment que je veux me remettre à l'écriture plus sérieusement.

Je vous préviens, c'est un truc que j'ai écrit d'une traite sans me relire, et je suis un peu rouillé, mais j'espère que ça plaira quand même à quelques personnes.

2017.14 Une histoire écrite du point de vue du méchant

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    Pour la première fois depuis dix ans, Marc se promenait dans le parc, marchant lentement et profitant de la caresse du soleil sur son visage. Dix ans de travail acharné, jour et nuit, et en voyant à peine la lumière du jour. Dix ans de dévotion à la ville qui l’avait vu naitre, dans laquelle il avait grandi, et à qui il s’était juré de rendre la pareille. Dix ans à surveiller et faire grandir son enfant, en essayant tant bien que mal de le protéger de tous ceux qui voulaient l’utiliser pour leurs propres fins. Mais son travail avait porté ses fruits. Il avait réussi. Et maintenant il pouvait enfin profiter d’un repos bien mérité.

    Étonnamment, cela faisait tellement longtemps qu’il ne s’était pas reposé qu’il ne savait plus comment faire. Était-il supposé continuer de marcher jusqu’à l’épuisement ? Ou bien s’arrêter sur un banc et laisser la journée s’écouler sans rien faire d’autre ? Finalement, il décida d’aller s’allonger dans l’herbe. Il trouva une petite place à l’ombre, où personne ne s’était encore installé, et décida qu’il allait y faire une petite sieste.

    Il s’allongea et essayer de se vider la tête, de simplement profiter du calme et du beau temps, mais ne pouvait pas s’empêcher de repenser à ces derniers jours, et à tout ce que son enfant était parvenu à accomplir. Créer la vie était quelque chose de magnifique, pensait-il, mais d’imaginer qu’il avait pu en faire quelque chose d’aussi grandiose lui procurait un sentiment d’accomplissement… indescriptible.

    Lorsqu’un de ses collègues du laboratoire où il travaillait il y a dix ans avait commencé à lui parler d’une offre d’emploi qui pourrait le rendre riche à condition qu’il accepte de travailler dur et dans le plus grand secret, il savait que c’était l’opportunité de sa vie. Le moment qu’il avait attendu depuis que, alors qu’il n’avait que 12 ans, il avait été traumatisé par un meurtre ayant eu lieu juste devant chez lui. Un touriste s’était fait poignarder pour avoir refusé de céder aux menaces de quelqu’un qui en voulait à son portefeuille. C’était à ce moment que Marc avait réalisé que, si l’endroit où il vivait était beau, ses habitants ne l’étaient pas.

    Cela avait changé à jamais sa vision du monde. Depuis ce jour, il remarquait avec une acuité renouvelée les déchets jetés sur le sol, les graffitis, les agressions, le harcèlement, et ainsi de suite. Et il ne cessait de se demander s’il ne pouvait pas faire quelque chose pour arranger cela, pour amener la paix dans sa ville. Alors qu’il repensait à tout ça, il ne pouvait s’empêcher de jeter des regards plein de haine et de mépris envers les autres habitants qui se prélassaient dans l’herbe, allongés sur un sol qu’ils ne méritaient pas de fouler.

    Et c’est ainsi qu’il reconnut l’offre d’emploi pour ce qu’elle était vraiment : non juste un moyen de devenir riche, mais surtout un moyen d’accomplir son rêve : sauver sa ville. Et c’est là qu’il commença son nouveau travail. Réussir à garder le secret n’était pas difficile. Marc n’avait jamais été sociable, et son employeur lui fournissait tous les documents nécessaires pour qu’il puisse prétendre avoir un travail normal en cas de besoin. Ce qui était surtout difficile, c’était de préserver l’enfant qu’il créait (car oui, il s’agissait bien de son enfant, pas de celui de ses collègues outrageusement matérialistes) contre ceux qui ne voyaient en lui qu’un outil. Tant ses collègues, attirés par le salaire généreux, que son employeur. Celui-ci n’avait jamais fait part de ses intentions, mais elles transparaissaient de manière évidente dans ses instructions. Après tout, il leur demandait de travailler à la fois sur la création du « virus le plus mortel que l’humanité n’avait jamais connu » (leur client semblait avoir des accès de mégalomanie) et sur la création du vaccin. Nul doute qu’il comptait l’exploiter à des fins financières ou politiques. S’en servir comme d’un outil, alors qu’il s’agissait d’une forme de vie, d’un enfant qu’il avait mis au monde puis formé lui-même, petit à petit, jusqu’à ce qu’il soit parfait.

    Et alors qu’il approchait de la fin et qu’il se demandait de plus en plus comment faire pour libérer sa progéniture avant qu’elle ne soit exploitée par un maitre insensible, il réalisa que le matérialisme de ses collègues pouvait jouer à son avantage. L’inconvénient d’un laboratoire secret spécialisé en armes biologiques, c’est une sécurité qui vire parfois à la paranoïa. Mais son salaire lui avait permis d’acheter la négligence des gardes. Son employeur était convaincu que si quelqu’un cherchait à voler le virus ou le vaccin, il pourrait le traquer et l’éliminer. Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que juste après l’élaboration du vaccin, un des chercheurs se l’injecte immédiatement, quitte le laboratoire avec quelques fioles du virus grâce à de généreux pot-de-vin, puis le libère tout de suite dans l’air.

    Marc avait été émerveillé par le résultat. Son équipe avait mené de nombreuses simulations, bien évidemment. Mais voir de ses propres yeux son bébé se propager d’hôte en hôte, dévorant leurs cellules en quelques minutes à peine, était un spectacle éblouissant. Il n’aurait jamais cru que voir ses détestables concitoyens hurler et gesticuler comme des animaux serait aussi agréable. En moins d’une journée, son bébé avait accompli ce qu’il aurait auparavant considéré impossible : faire passer la population de la ville de cent mille habitants à… un seul. Son bébé avait détruit tous les monstres qui la polluaient, et avait épargné la seule personne dotée d’une âme, la seule personne capable de traiter son environnement avec le respect et l’amour qui lui est dû.

    Il fut dérangé dans ses rêveries par la puanteur des corps affalés dans l’herbe, portée par un coup de vent soudain. Mais il balaya cette gêne d’un revers de la main. Sa mission était accomplie. Il avait accompli son devoir, et pouvait maintenant s’en aller en sachant le cœur léger.
Il sortit son couteau de sa veste, puis se trancha la gorge.

Dernière modification par Lemexis (10/04/2017 00:47:33)

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#183 11/04/2017 10:20:46

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

C'est chouette, bienvenue parmi nous Lemexis !
J'ai indexé vos participations. Ce que je trouve intéressant, c'est que d'un texte à l'autre, on obtient plusieurs nuances de "mal", du mal caractérisé au plus doucereux, en passant par les gars normaux qui pètent un câble ou encore le mec qui représente le mal le plus normal et le plus commun qui existe.
Et les jeux de mots du texte de Tataz m'ont bien fait rire ! big_smile

Et comme Tardian l'a signalé, on part cette semaine sur :

2017.15. - Une histoire qui se déroule pendant un concert ou un festival

Dernière modification par Hendiadyn (11/04/2017 10:21:09)


«  Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons pas. »
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#184 16/04/2017 23:43:18

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017.15. - Une histoire qui se déroule pendant un concert ou un festival

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Psssst ! Hé ! Par ici ! Salut ! Moi c'est Crib's, et toi ? Non, c'est rien, laisse tomber, ça me dérange pas, j'vais juste t'appeler 'mec', c'est bon ? OK. Alors, dis-moi, mec, il te plaît, le festival ? Pas mal, hein ! Ouais, je vois ça. T'es tout seul ? Non ? Arrête, tu veux me faire croire que ces deux bombes sont tes copines ? Sérieux ?! Ouah, elle est canon ta sœur, je… Non, OK, OK, je parlerai plus de ta sœur alors, promis. Pourquoi je te parle ? Bah, on est bien, ici, on est entre amateurs de bonnes choses, alors pourquoi pas taper la discute ? OK, OK, pas plus de cinq minutes, alors, pas de problème. Dis-moi, ta copine et ta s… Les deux filles et toi, vous avez vu des trucs cools, ce soir ? Ah ouais, le type qui joue sur une guitare en feu, c'est vrai qu'il déchire, celui-là. Tu sais que j'le connais ? Tu me crois si j'te dis qu'en vrai il s'appelle Georges ? Eh ouais, c'est sûr que c'est pas le même genre que "Diabolikor", hein ! Enfin, quand je dis que j'le connais, disons qu'on a bu un coup ou deux ensemble, pas plus. Et les "Nulatiks", vous les avez vus ? Mais si, t'as pas pu les rater, c'est ce groupe qui joue complètement à poil, avec le corps peint à la bombe fluo ? Voilà, c'est ça. Dis, j'me disais, t'as l'air de bien aimer les trucs… Inhabituels, le genre qui déchire, j'me trompe ? Non ? Bon, écoute, mec… C'est vrai que si j'te parle, c'est pas juste pour socialiser… Ouais, ha ha, tu t'en doutais, hein ! OK, alors, voilà : j'ai un plan rare, si t'es prêt à payer, j'peux te proposer un truc qui va te faire monter tellement haut qu'il te faudra un parachute pour redescendre, le genre qui va te faire planer au moins jusqu'à après demain, ça te branche ? … Oh, pas si cher, pas si cher, j'te jure ! Vingt billets la dose, Cinquante si tu m'en prends trois pour planer avec les filles, ça te va ? … Non, mais je te jure, c'est pas une arnaque. Au pire, si ça marche pas, tu reviens me voir et tu me défonces… Ha ha, non, t'inquiète, je suis sûr de moi, si ça marche, tu pourras pas me retrouver pour te faire rembourser en prétendant le contraire, tu seras trop occupé à planer dans les arc-en-ciel et les vagues de bonheur spirituel, et d'ici à ce que tu reviennes sur Terre, le festival sera terminé, et moi je serai loin. T'es sûr ? C'est vrai, ça te tente bien ? T'es pas un flic, au moins ? Non, parce que si t'es un flic, t'es obligé de me le dire, hein ! Sinon, ça passera pas au tribunal. … Oh, si, si, j'ai un très bon avocat, et j'ai pas peur des flics. Bon, alors, puisqu'on est d'accord, t'en veux combien ? … Oh ! … C'est beaucoup, t'es sûr d'avoir de quoi payer ? … Fais voir… ? Ouah, t'as dévalisé une banque, ou quoi ?! Non, laisse tomber, j'veux pas savoir, l'argent n'a pas d'odeur, hein... Sauf s'il tombe dans les chiottes, ha ha ! Par contre, j'ai pas tout ça sur moi, il faut que tu me suives jusqu'à la tente, là bas. Oui, c'est celle du SAMU, je suis au courant. Bonne planque, hein ? Qui viendrait chercher un stock de dealer juste derrière la tente du SAMU ? … Bah voilà. En plus, c'est blindé de camés par là bas, et tout le monde trouve ça normal, donc ni vu ni connu j't'embrouille, hé hé. Quoi ? Euh… Je suis pas très fan des déplacements en bande, ça attire trop l'attention, et… Bon, bon, OK, je comprends, d'accord, elles peuvent venir, mais qu'elles nous suivent de loin, alors. … Voilà, c'est par là. … Oui, c'est sombre, c'est fait exprès, hein, j'ai pas trop envie qu'on me calcule. Et si tu comptes me faire un sale coup, je préfère te le dire tout de suite, mon patron m'a adjoint deux baraques en guise de gorilles, j'ai qu'à crier et ils rappliquent. … Tant mieux, parce que si ça te posait problème, on arrêterait de suite la négo. … Encore deux petites secondes, le temps que j'ouvre le… Hé ! … Non ! Mesdemoiselles, s'il vous plaît, restez à l'écart, ça va plus être long mais il faut pas attirer l'attention ! Dis-leur, mec, il faut qu'elles s'en aillent sinon c'est mort, je vous don… Hé mais !! Qu'est-ce que tu f… À L'AIDE ! CODE ROUGE, CODE R… OH NON NON NON NON QU'EST-CE QUE C'EST QU'CETTE HORREUR VOUS ÊTES PAS HUMAINS V…garglblbl… *couic*



J'en profite pour indiquer que le thème de cette semaine sera :
2017.16. - Une histoire qui commence par un coup de feu

(et j'espère pouvoir le préparer avant ce week-end, parce que pendant le Ludum Dare, ça risque d'être un peu tendu)


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#185 18/04/2017 15:20:01

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Désolée, revenue tout juste de mon week-end de Pâques.
On n'a pas été très musicaux, dis donc, cette semaine tongue Merci Tardian d'avoir participé !
Le thème de cette semaine me plaît bien, voyons si j'ai le temps de proposer quelque chose. wink


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#186 18/04/2017 16:41:43

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Je vais participer aussi pour ce thème, c'est juste qu'il ne m'inspire pas du tout ... Mais je pense que j'écrirais un petit truc que je posterais sûrement en même temps que celui de cette semaine.


Huh ? What was that ? I should kill everyone and escape ? Sorry. The voices. Ahaha, I'm kidding ! That's not what they really said.

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#187 25/04/2017 20:47:09

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

J'ai un peu de retard pour celui de la semaine dernière, week-end de retournement de méninges oblige. Mais je tiens à ce que ça reste exceptionnel, bien évidemment.

2017.16. - Une histoire qui commence par un coup de feu

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Joli coup ! Il n'avait aucune chance avec une gâchette telle que la tienne ! Je suis fier de toi, mon fils ! Allons voir ta prise de plus près. Tu sais, nous sommes une grande famille de chasseurs, c'est ton grand-père qui m'a appris à tirer, son père lui avait appris, et son propre grand-père l'avait enseigné à son père avant lui. D'aussi loin que je me souvienne, l'ouverture de la chasse a toujours été une tradition que l'on a respecté chez nous, et depuis tout petit j'attends chaque année le célèbre banquet préparé des semaines à l'avance, les oncles et tantes venant de l'autre bout de la France, la soirée au coin du feu de cheminée, les contes récités aux plus jeunes, et la grande fête qui dure toute la semaine. Tu verras, je suis persuadé que toi aussi tu sauras apprécier et respecter notre vieille tradition à sa juste valeur, et que, plus tard, tu la transmettras à tes propres enfants. Ah, j'aperçois ton gibier. Non, non, n'aie pas peur, je sais qu'il bouge encore, mais c'est normal. C'est parce que tu n'as pas visé la tête. Ce n'est pas grave, ce sera fini dans un instant. Tu vois, il ne bouge déjà presque plus. Aide moi à le porter, tiens, enroule cette corde autour des pattes arrières, et on va le tirer à deux. T'en fais pas, ça a le cuir solide, le traîner ne l'endommagera pas. On va juste l'amener jusqu'au bord du chemin, et ensuite j'irai rapprocher la voiture. Là, ce sera parfait, attends-moi deux minutes. Hein ? Oui, oui, ne t'inquiète pas, on va juste passer au centre d'échange, il nous donneront notre bon, et valideront ta participation. C'est sûr, j'aurais préféré que tu connaisses l'époque de la vraie chasse, c'était le bon temps où on ramenait directement le gibier qui serait dépouillé et mangé dans l'année, seulement, à cause de ces abrutis d'écolos et de protecteurs de la nature de mon… Bref, à cause de ces gens anti tradition, ça fait vingt ans que la chasse a été interdite, et que nous sommes obligés de vivre notre passion enfermés dans cette espèce de parc artificiel, à tirer sur des robots, au lieu de profiter de la liberté au grand air, de la vraie nature, et de tirer sur de vraies bêtes vivantes. C'est désolant de devoir se contenter de ça, mais c'était la seule solution pour ne pas perdre totalement notre belle tradition. Et de continuer à garder la forme. Pour le jour où cette société de merde va sombrer dans le chaos, et où on pourra utiliser nos compétences pour tirer sur de vraies choses vivantes sans qu'on puisse nous emmerder. Genre une saloperie d'écolo.



Bon, et je constate que si je ne viens pas le faire à temps, personne ne prend la peine d'annoncer le thème suivant à ma place, c'est pas sérieux tout ça ! tongue
Le thème de cette semaine est donc :
2017.17. - Une histoire qui se déroule dans un pays où vous n'êtes jamais allés


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#188 Hier 04:15:08

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Beuh je suis pas indexée dans l'histoire du point de vue du méchant ... Il te plaît pas mon tueur c'est ça ? tongue
Pour la peine je met les deux textes des semaines que j'ai loupé dans un seul message pour éviter les double posts ^^

2017.15. - Une histoire qui se déroule pendant un concert ou un festival

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Montréal, 6 Juillet 1977.

Ils sont tellement nombreux maintenant ... Je les hais. Ils ne comprennent rien à ce que je veux leurs montrer, à ce qu'on veut leurs faire ressentir. Non. Notre musique n'est pas faite que pour chanter et danser, c'est plus profond que ça. Nous on raconte des histoires, on parle de choses qui nous importent, on veut leurs faire ressentir des choses ... Et eux ils dansent ... Déjà je voulais pas faire ça dans un stade. C'est tellement ... l'usine en fait. J'ai l'impression qu'on est devenus le mc do de la musique. On était tellement mieux dans ces salles moyennes, où les gens qui venaient étaient les gens qui nous comprenaient vraiment ... Pas cette horde d'hystériques. Ils hurlent plus fort que la musique ! Y'en a même qui lancent des pétards ! J'en ai ma claque ! J'arrête, tant pis pour le morceau. Je vais leurs dire ma façon de penser.

« Bordel de merde, mais vous allez arrêter avec ces pétards ?! arrêtez de crier et de hurler, j’essaie de chanter une chanson ! Ça m’est égal que vous ne vouliez pas l’entendre, allez vous faire foutre ! Mais je suis sûr qu’il y a beaucoup de gens qui voudraient l’entendre alors pourquoi est-ce-que vous ne vous tenez pas un peu tranquilles ? Si vous voulez faire sauter vos pétards, sortez d’ici et allez les allumer ailleurs. Si vous voulez foutre le bordel, faites-le mais dehors ! J’essaie de chanter une chanson et certains voudraient bien l’entendre. En tout cas, moi je le veux. »

ça a pas vraiment eu l'air de les calmer ... Ils sont encore plus excités ! Mais il faut reprendre quand même. Nouvelle chanson, en espérant que ça les calme. même pas. Pourtant il est joli ce morceau. Le solo est vraiment bon ... Mais il faut qu'un de ces "fan" se mette à hurler à ce moment là. Viens, viens je vais te faire plaisir mon vieux.

"Hoo hey ! Toi, oui toi viens, tout est pardonné mon vieux. Allez viens me voir. Viens là mon beau ! Ouii plus près, encore ! Oui c'est bien, bon chien ! bon chien ! "

Et je sais pas pourquoi à ce moment là je lui ai craché à la gueule. Je sais pas. Je voulais pas faire ça mais bordel qu'est-ce que ça m'a fait du bien ! L'entracte, et puis la reprise. ça ne change pas, ils sont complètements tarés ... Je les hais.
Et la fin, les rappels. On a l'habitude de terminer les concerts par des morceaux calmes et apaisants, pour qu'ils repartent chez eux détendus, calmes, avec le souvenir d'un bon concert en mémoire. Mais non, bien sûr. Il faut que ces tarés continuent de gueuler comme des hystériques ! Je m'en fout. Ils ne méritent pas ce rappels. Continuez sans moi les gars je me casse.
J'ai pas fait le rappel. On était tous sur les nerfs à la fin de ce concert. Je l'ai dit au manager. Je les hais ! je voudrais ne pas les voir, ne pas les entendre, qu'il y ait un mur entre eux et nous !! Il m'a dit une chose. Une simple chose.

Fais-le.



Et c'est une histoire vraie ! Celui qui trouve le groupe dont il est question gagne un cookie ! big_smile

2017.16. - Une histoire qui commence par un coup de feu

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Bang.
Pfou, j'ai bien cru y passer pour ce coup là. C'est vraiment pas passé loin. Il est taré ce mec ! Juste pour mon portefeuille ! Mais Je crois qu'i avait pas prévu que j'évite ça de justesse et il est parti en courant. Ah. le lâche.  Bon. Rentrer chez moi. Dodo. Demain j'irais porter plainte quand même. C'est dangereux ce genre de mecs en liberté dans la nature !
J'ai très mal dormi. Dans mes rêves je voyais les gens qui me sont chers souffrir, ils pleurent. Pourquoi ? Est-ce que quelqu'un leurs fait du mal ? Pourquoi ils pleurent tous ? Je veux qu'ils aillent bien moi ... Au réveil j'avais cette même sensation que lorsqu'on a passé une nuit blanche. Une espèce de fatigue passive mais la sensation de ne pas avoir besoin de dormir ... Je n'ai pas très faim. Mon rêve de cette nuit m'a trop retourné je crois. Allez. C'est pas tout ça mais la vie continue, je dois aller au boulot quand même, et puis chez les flics faudrait pas l'oublier.
Quelle journée de merde ... Personne ne m'a parlé aujourd'hui, ignoré. Même les flics. Mais qu'est-ce que je leurs ai fait ? Je pue ou quoi ? Pourquoi personne ne vient me parler ?...
C'est à ce moment là que j'ai commencé à comprendre, que les liens se créent et que l'idée fait son chemin et si ... Et si je n'avais pas évité cette balle ? Si j'était mort au coin de cette rue ? Non, ce n'est pas possible. Après tout, il n'y a rien après la mort ... du moins je crois. Et puis ça voudrait dire quoi ? Que je suis un fantôme ? aha ! ça existe pas les fantômes !
Mais j'ai bien dû l'admettre, quand on a vidé toutes mes affaires de mon appart. Des gens de ma famille, mes amis ... Touchez pas à ça c'est mes affaires !! Rendez-les moi ! Qu'est-ce que vous allez en faire ?
Tout est vide maintenant ... Ce n'est pas juste ! Pourquoi ? Pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne méritais pas de mourir ! Pas maintenant ! J'avais un appart cool, un super boulot, des potes ... Il ne me manquait qu'une copine et j'avais la vie parfaite ! Et là ce ... ce fils de pute qui me tue d'un coup comme ça ! clac ! en une seconde ta vie bascule et c'est le cas de dire ! Je te retrouverais crois moi tu va regretter ça ! je te hanterais jusqu'à ta mort si il le faut ... Et ..; Qui c'est ça ? QUOI ? On fait déjà visiter mon appart ?! Mais je veux pas moi ! C'est chez moi ! Partez d'ici ! dégagez ! sortez de chez moi !!
J'ai pété un câble. Je sais pas comment ça c'est manifesté chez eux, mais ils sont partis en courant ... Alors, ces histoires de fantômes seraient vraies ?... Mais ... Je ne veux pas être un fantôme ! Je veux retrouver ma vie ! Ma vraie vie d'avant ! Il doit y avoir un moyen, si je retrouve mon corps il doit y avoir des rituels, si je possède quelqu'un je pourrais ... revivre. S'il vous plaît donnez moi quelque chose, une solution, je ne veux pas rester comme ça ... s'il vous plaît ...
C'est à ce moment là que pour la première fois j'ai pris conscience de ma situation, j'étais mort. J'avais perdu tout ce qui importait pour moi, et le pire dans tout ça c'est que je ne pouvais rien y faire ... je .. J'ai pleuré. Beaucoup. Je me demandais ce que j'allais faire. Comment j'allais vivre maintenant, sans plus personne à qui parler, avec qui rire ou partager des choses .. Terminé les soirées pizzas avec les potes, les balades en forêt avec mon père, les parties interminables au coin du feu, voir les collègues et déconner. Tout ça fini. Game over. Et je ne peux rien y faire.

Ça fait un certain temps maintenant ... combien de temps ? 100 ans ? 150 ans ? On s'habitue à sa condition de fantôme finalement. On continue sa vie d'avant. Mais en colocation avec d'autres gens Des vivants qui squattent ton appart. Et quand ils te soûlent trop et que tu veux changer tu te la joue Poltergeist jusqu'à ce qu'ils partent. De là tu es de nouveau tranquille pendant quelques mois ... J'ai pu voir des avancées technologiques, faire peur à des gamines qui jouaient au oui-ja, tout ces trucs de fantômes ... Je n'ai jamais retrouvé mon assassin, il doit être mort lui aussi maintenant. Mais ça ne m'importe plus, je me sens bien maintenant et ...

"C'est à vous !" Quoi ? Mais ... Où suis-je ? Je ne connais pas ce bureau, il est vieux, il y a de la paperasse partout ... Et une vieille avec des lunettes derrière un bureau ! "Oui vous, c'est à vous que je parle ! Allez allez dépêchez vous il y a du monde qui attends !" Je ne comprends pas, et je crois que ça se voit. "Bon, vous êtes bien mort le 5 avril à 23:57 par balle tirée par un tiers pour un ... vol c'est ça ?" Heu oui ... Mais .. "Et bien c'est votre tour. Désolée pour l'attente. Il y a environ 150 ans de délais, vous comprenez le temps qu'on traite tous les dossiers ... Donc en attendant que votre dossier soit traité vous restez sur Terre. Mais maintenant c'est terminé pour vous. Je vois que vous avez passé les 5 étapes de votre deuil, parfait, certains n'en prennent jamais conscience vous savez ... Porte de droite je vous prie." Je ne comprends pas. Un dossier ? quel dossier ? alors l'administration est la même partout si je comprends bien ... Porte de droite ... Je pose la main sur la poignée et l'enclenche. Qu'est-ce qu'il y a donc derrière cette porte ?..."

Dernière modification par Saad742 (Hier 04:45:44)


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#189 Hier 05:54:43

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Saad > Vu le dernier paragraphe, je dirais Pink Floyd ? tongue

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#190 Hier 13:03:13

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Une recherche sur le net avec la date du concert confirme ça. wink


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