Vie de merde - Le forum / Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

#51 13/01/2017 16:16:32

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Là il n'y a eu que deux thèmes, alors on verra d'ici quelques mois si je suis si sérieux que ça. lol Pour le moment, je prends ça comme une sorte de jeu, puisque de passer par ce biais semble fonctionner* avec le sale gamin qui prend mon contrôle de temps à autre (notamment pour refuser de faire des trucs).

Et je suis bien content que ma participation ait contribué à te faire sourire. Quasiment jusqu'au dernier moment je n'avais pas d'idée (alors que ça faisait une semaine que j'y réfléchissais), mais quand celle-ci m'est venue dimanche soir juste avant d'aller me coucher, j'ai pu m'endormir avec le sourire en pensant que si je ne me foirais pas trop le lendemain, le résultat serait assez drôle pour faire sourire aussi ceux qui le liraient. smile

C'est marrant, ton conseil pour cette session, parce que j'étais dans la même situation lors de l'une de mes premières participations au LD, et j'ai fini par faire un jeu sur le fait de ne pas parvenir à faire ce que je voulais dans le thème - parce que je m'étais rendu compte que du coup c'était dans le thème big_smile

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* comme l'a montré le test d'utiliser un jeu de mobile pour m'obliger à bouger mon cul de ma chaise de bureau



Edit : Ah bah voilà, t'as trouvé ! Et il est rigolo aussi, ce texte. big_smile

Dernière modification par Tardian (13/01/2017 16:22:01)


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#52 14/01/2017 20:42:57

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017. 2 - une histoire sur le fait de se montrer à la hauteur

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Votre rendez-vous de 11h30 est arrivé monsieur.
Je lui dois beaucoup finalement.
Je lui dois ce que je suis aujourd'hui.
Et pourtant, je pourrais lui en vouloir de ne pas avoir tenue sa promesse.
Un adolescent amoureux est certainement l'espèce la plus stupide de l'univers.

L'histoire commence il y a environ 30 ans. Je suis un adolescent boutonneux et mal dans sa peau, comme beaucoup d'autres. J'ai de bon résultats scolaires, ce qui me vaut des remarques désobligeantes régulières de la part de mes camarades. Mais comme tous les ados de mon âge, j'ai des rêves d'amour et de tendresse. Mon rêve s'appelle Éveline. C'est une blonde magnifique au sourire à faire fondre tous les métaux du monde.
Je ne sais plus trop comment ça a débuté. Probablement un défi stupide de gamins en mode « t'es pas cap », « si je peux le faire, mais... », et autres bêtises du même genre.
Bref... contre un baiser d'Éveline, j'ai accepté de gravir le pic rocheux de notre ville, à mains nus, alors que je n'étais qu'un gringalet toujours choisi en dernier lors des sports collectifs scolaires. Un long défi stupide et dangereux en échange d'une seconde de bonheur.

Me voilà donc au pied de l'Aiguille du Diable. Ce n'était pas son vrai nom, mais c'est ainsi que nous l'appelions tous. Nos parents nous interdisaient d'y aller parce qu'un gosse y avait fait une chute mortelle quelques années avant. Mais j'étais obligé d'y aller, juste pour l'agréable promesse en cas de réussite.
J'en ai sué. Pas seulement parce que l'épreuve était difficile, mais aussi parce que je n'avais aucun soutien des spectateurs. Ne nous leurrons pas. Ils étaient tous contre moi et espéraient ma chute plus qu'autre chose.
Je n'ai plus tous les détails de l'ascension en tête, mais certains doutes, certaines glissades sont définitivement ancrées dans ma mémoire.
Je suis arrivé en haut finalement, mais Éveline n'a pas tenu sa promesse.

J'imagine, aujourd'hui, que ça ne collait pas à l'image qu'elle voulait se donner. Offrir un baiser au boulet du collège était bien pire que rompre une promesse... prononcée sans y croire en plus.
Quoi qu'il en soit, ce jour là, je me suis dépassé. Et même si je n'ai pas obtenu le prix qui m'était promis, j'ai été bien plus à la hauteur que je pensais... et je ne parle pas que de cette ascension.
Depuis cette histoire, je n'ai eu de cesse de me donner à fond dans tout ce que je faisais. J'ai fait une grande école, créé mon entreprise, réussi ma vie. Je me suis même mis à la musculation. En plus de me permettre d'être en forme, cela a largement contribué à ma réussite professionnelle parce qu'il est plus simple d'obtenir ce qu'on souhaite dans une négociation quand on a un physique qui en impose.

Évelyne passe la porte, et je la découvre toujours aussi belle, même trente ans après. Je souris malgré moi :
- Quel plaisir de te revoir ! Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- Je ne pensais pas que tu te souviendrais de moi. Merci d'avoir accepté de me recevoir.
- Tu plaisantes. Je n'ai rien oublié. Et avant tout que tu me dois un baiser.
- Tu as raison. Je n'ai pas osé à l'époque. Le regard des autres, tu comprends ?
- Je comprends, mais je n'accepte pas pour autant. Cela dit, nous sommes adultes maintenant. Ce serait ridicule si je t'en voulais encore après toutes ces années. Allez viens. Je t'invite au restaurant. Nous parlerons de nos jeunes années et tu m'expliqueras la raison de ta visite.



Je me demande si je ne suis pas un peu hors sujet.
En tout cas, j'ai été fainéant. Il aurait fallu détailler plus l'ascension à mon sens.
J'aime bien la trame mais je n'aime pas faire long (ma maîtresse confirmera).

Si vous aimez l'idée et voulez la développer, vous avez carte blanche.

J'ai beaucoup de mal à écrire en ce moment.

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#53 14/01/2017 20:59:08

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Pour moi c'est dans le thème et d'une façon supplémentaire que juste l'ascension. Personnellement, c'est le genre de chose que je n'aurai pas pardonné, une promesse non tenue... Ton personnage dépasse toute attente en laissant ça derrière. smile


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#54 14/01/2017 21:02:22

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Tu te sous-estimes. wink
Pour moi, tu es parfaitement dans le thème, le sujet relève bien du fait d'être à la hauteur, et de relever un défi (autre interprétation possible du thème en anglais). En plus tu l'as appliqué sur un double sens, sur le fait d'être à la hauteur dans un cas particulier, ce qui a amené le narrateur à être à la hauteur dans le reste de sa vie. À mon sens, il aurait été inutile de développer le déroulement de l'ascension, parce que ce n'est finalement pas le plus important de l'histoire. smile


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#55 14/01/2017 21:14:51

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Et je dirais que le personnage déclare avoir laissé tout ça derrière lui mais je serais très étonnée que ce soit vrai. Si elle a un service à lui demander, m'est avis qu'elle va devoir se remettre au sport et faire de l'escalade dans leur ville natale...

Spoiler : Afficher

Après, c'est moi qui parle, or je suis la personne la plus rancunière que je connaisse, surtout en matière amoureuse.



Et donc on attend la suite dans un de ces trois thèmes :

9. Une histoire horrifiante
10. Une histoire incluant un compte à rebours
49. Une histoire où justice est faite

Je dis ça pour rigoler, Alpra fait ce qu'il veut.

Spoiler : Afficher

Mais attention, je suis très rancunière lol

Dernière modification par tatazizou (14/01/2017 21:24:01)


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#56 14/01/2017 21:25:42

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Alors... en fait... j'ai failli ajouter en fin de texte qu'elle l'embrasserait dans l'ascenseur.
Mais je me suis dit que ça ferait trop.

Je déconne souvent en mode gras, mais j'aime bien les histoires d'amour.
Mais il faut qu'elles soient subtiles sinon je trouve ça chiant.
Ce qui ne veux pas dire pour autant que je suis capable d'éviter l’écueil !

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#57 14/01/2017 21:34:11

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Alprazolam025 a écrit :

Ce qui ne veux pas dire pour autant que je suis capable d'éviter l’écueil !

Eh ben voilà une fin idéale : à la dernière ligne, le bateau coule.


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#58 14/01/2017 21:45:31

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Mais ça fait un peu trop "déjà vu", non ?    tongue

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#59 14/01/2017 21:47:00

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Au contraire, ça va être... titanesque !

Bon, Vino a peu de chances de passer ici, mais cessons le HS.


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#60 15/01/2017 05:13:01

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Tu as eu parfaitement raison : le baiser n'était pas nécessaire, bien au contraire, il aurait changé la nature de ton texte, et je ne pense pas que ce serait en mieux. wink


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#61 15/01/2017 12:28:11

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Ce n'est pas du HS à mon sens, vu qu'on discute du texte  (il n'y a pas de possibilité d'en parler sur un autre sujet). Donc faites vous plaisir si vous voulez discuter du chouette texte d'Alprazolam. smile


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#62 15/01/2017 16:31:18

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

J'ai un truc pour le 2017.3 !   big_smile

Inspiration subite... écriture très rapide...
je me laisse un peu de temps pour le relire/corriger/modifier/jeter à la poubelle.   tongue

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Hendiadyn aime ça.

#63 15/01/2017 16:42:23

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Cool, j'ai hâte de te lire \o\
2017.3 déjà rédigé pour moi (oui j'ai triché, mais c'est le dernier, pour les autres, rien n'a été commencé). Je le poste demain ou après-demain. wink


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#64 15/01/2017 18:40:28

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

J'en suis à ma troisième idée pour celui-là. Si je ne trouve pas mieux d'ici là, j'essaierai de faire un truc bien avec la dernière. C'est la précision "conte de fée" qui m'a un peu gêné. Des contes, y'en a plein, mais les contes de fée, c'est très spécifique. ^^


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#65 15/01/2017 18:46:10

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

J'aime beaucoup plus lire vos texte qu'en écrire ! (Oui, bon, aussi parce que ce que j'écris est beaucoup trop personnel pour être partagé.)

Hendi, je suis contente que tu aies lancé ce projet ici. smile

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#66 15/01/2017 19:37:51

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Tardian : je pense que tu peux prendre l'acception au sens large, non ? Le terme d'origine était fairytale et je pense qu'on est loin de l'idée d'un conte avec forcément une fée dedans (il n'y a d'ailleurs pas de fée dans ma relecture). Je pense que tout "conte" est un choix cohérent avec le thème. D'ailleurs, l'autre terme traduisant fairytale est "conte merveilleux" et correspond à à peu près toutes les histoires de Perrault, Grimm ou même les Mille et une Nuits. page Wikipédia sur le sujet (Identifiez-vous pour voir le lien) propose une petite liste de contes correspondant à cette classification, si ça peut vous aider. smile

De rien, Kim, c'est pour moi aussi un plaisir de vous lire et de découvrir les différentes interprétations de chaque thème. Puis écrire avec vous me motive bien !

Oh et pour ceux qui débarquent, le thème de la semaine à venir est 3.2017 est : Une réécriture de conte de fée (A retelling of a fairytale en VO). A vos plumes enchantées !

Dernière modification par Hendiadyn (15/01/2017 19:38:53)


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#67 15/01/2017 21:14:17

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Heeeey J'ai encore le temps ! La semaine est pas finie ! big_smile

2017. 2 - une histoire sur le fait de se montrer à la hauteur

Allez ma petite, cette fois-ci tu n'y coupera pas. Il est dimanche soir, et il te reste une poignée d'heures pour terminer. Ne te décourage pas ! Tu as dis que tu t'y tenait ! C'est un de tes objectifs de l'année ne l'oublies pas ! Et tu voudrait abandonner là ? Maintenant alors que ça fait deux semaines que l'année est commencée ? Hors de questions ! Tu va le faire crois moi ! sous la contrainte si il le faut mais tu va le faire ! Et puis réfléchis bien, tu ne serais pas super fière de toi à la fin de l'année en voyant que tu t'y es tenu de bout en bout ? Que tu aura mené ce projet à son terme ? Tu vois tu y arrive ! C'est pas énorme à faire tu vois ? Et puis tu sera tellement fière ! Allez, montre moi que tu peux le faire, que tu es à la hauteur pour ça ! Tu peux le faire je le sais ! Bon, OK, C'est la première fois de ta vie que tu t'embarque dans un projet comme ça, mais ça ne te demande pas beaucoup de temps non ? C'est faisable. Tout ce que tu as à faire c'est poser tes fesses sur le fauteuil et de te mettre à écrire. C'est tout. Tu vois ? Tu vois que tu sais le faire !!
Tu saura te montrer à la hauteur de ce projet, tu croyais pouvoir abandonner ? Pouvoir te dire "c'est pas grave" ? Et tu aurais eu l'air de quoi à la fin de l'année hein ? Non non ma petite ! Je ne laisserais pas passer ça. Reste motivée, et tu va y arriver.
Hmm ... Ce petit discours d'auto-motivation a eu son effet, je pense que je vais m'y mettre maintenant. Je sais que je peux être à la hauteur de ce projet, du projet Bradbury. Attaquons le deuxième texte de l'année ... Oh Wait ...


Huh ? What was that ? I should kill everyone and escape ? Sorry. The voices. Ahaha, I'm kidding ! That's not what they really said.

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#68 15/01/2017 21:44:24

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Hi hi, bien joué, Saad ! J'ajoute de ce pas le texte au récap'
(Note : j'accepte les textes en retard sans faire (trop) de chichis, de toute façon tongue Mais c'est vrai que le délai fixe permet de se fixer une limite. Sans ça, je procrastine et ne fais jamais rien.)


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#69 16/01/2017 11:15:46

Aujourdhuit
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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Allez, on ouvre le troisième thème. 3.2017 :
Pour rappel, le thème de la semaine est la réécriture d'un conte de fées/conte merveilleux.
Voyons les enchantements que vous allez nous pondre. tongue

Spoiler : Afficher

La Vulgarité du marquis

C’est triste à dire, mais les histoires pour jeunes filles ne sont que des odieux mensonges.

            Je me rappelle bien la première histoire du genre. J’écoutais ma mère me lire le livre tous les soirs, jusqu’à ce que la sortie d’un dessin animé adapté ne la délivre. Une rose flétrie, un prince cruel changé en monstre, une belle jeune fille qui, à force de patience, est parvenue à domestiquer la bête en lui. C’est un singulier modèle, quand on y pense. On aime à condamner Cendrillon parce qu’elle ne fait rien d’autre que se coudre une robe hors temps de travail et aller au bal ; ou Blanche-Neige qui rêve à un amour inconnu tout en faisant le ménage. Mais Belle ne serait-elle pas la pire ? Manque de chance, c’est celle que j’ai pris pour modèle.

            Il serait pourtant exagéré d’accuser Madame Le Prince de Beaumont : un seul conte moraliste ne suffit pas à enterrer le bonheur. Le schéma qui s’était inscrit, déjà, dans mon imaginaire, s’est trouvé répété de livre en livre. Dans les univers de substitution que l’on m’offrait, les histoires d’amour étaient toujours un peu compliquées, souvent conflictuelles. Avec quelques copines, on s’est mises à écrire des fanfictions où nos personnages préférés se débattaient contre les cruautés de couples imaginés de toutes pièces. Les livres, les films, et les échos déformés de nos textes constituèrent bientôt un décor fantasmatique encombrant, qui ne laissait plus la place à autre chose. Il a bien fallu y puiser ma conception de l’amour.

Ce qui est drôle, c’est que je ne crois pas avoir cherché sciemment des histoires de ce genre. Elles venaient à moi spontanément, enrubannées dans les promesses d’un sentimentalisme intense et d’épiques aventures intérieures. Il suffisait de se hausser sur la pointe des pieds pour les cueillir sur l’étagère.

Peu à peu, je suis devenue cette jeune fille normale mais pas tout à fait dont toutes les histoires d’amour débordent. J’avais des cheveux très longs pour pouvoir jouer avec eux du bout des doigts et qu’une mèche me tombe artistiquement devant le visage à des moments clés. J’étais maladroite, fantasque, pleine d’imagination – autant de bizarreries antinaturelles auxquelles je devais longuement réfléchir, le soir, avant de m’endormir, afin de jouer correctement le personnage. Je ne pouvais pas être réfléchie, organisée ou simplement indifférente, puisque je voulais vivre intensément. Tous les livres nous l’apprenaient : les héroïnes ont en elles une étincelle, quelque chose de spécial qui va les mener, irrésistiblement, à l’accomplissement et à l’amour. J’ai eu quelques relations, qui ont duré plus ou moins longtemps, mais il me manquait le sel des romances qui me prenaient aux tripes au point d’en perdre des heures de sommeil pour en aspirer, goulûment, jusqu’au dernier mot. C’est alors que je le rencontrai.

            Il avait un nom à rallonge, des yeux profondément enfoncés dans leurs orbites et un nez comme celui des rois de France. Il a mis longtemps à arriver dans ma vie, mais cela ne pouvait être que pour le mieux : lorsque nos regards se croisèrent, j’avais perfectionné mon art à l’extrême, et chacun de mes gestes laissait deviner cette icône de contes qu’on aurait tous voulu pour femme. Lui se devait d’être fuyant, inaccessible et de ne manifester son intérêt envers moi que par quelques piques méprisantes, servant à dissimuler un cœur fragile, potentiellement déjà blessé.

            Je n’ai pas mis tant de temps que cela avant de le conquérir. La séduction n’est pas le moment clé ; il suffit d’un sourire, d’une étoile, d’un battement de cils. Ce n’est qu’après que le réel travail commence. J’ai mis quatre ans. Quatre ans de perfection étudiée, à ouvrir de grands yeux naïfs, quatre ans à sourire doucement et à protester d’un air vaguement obstiné, les poings sur les hanches lorsqu’il haussait le ton. Il fallait froncer les sourcils, mais jamais au point de faire oublier qu’on était jolie. Au fur et à mesure, il s’est apprivoisé, au point de me laisser une place dans sa vie. J’étais la petite nébuleuse qui opérait de silencieuses révolutions autour de lui. Il ne fallait jamais baisser les bras car, tous les livres le décrivaient, s’opérait sûrement en son cœur une métamorphose aussi lente que profonde.

Après quatre ans de travail sur soi et d’abnégation, j’avais assez bien joué mon rôle pour être demandée en mariage. Lorsqu’il m’avoua que ce ne serait pas facile, parce qu’il venait d’une très vieille famille et possédait le titre de marquis, je crus vivre mon conte de fées à l’ancienne – avec un marquis en guise de prince, abolition des privilèges oblige. Ça s’était fait sans cérémonial, avec juste une guirlande de mots déroulée au restaurant entre le café et le dessert, et la discrétion de ceux qui ne veulent pas qu’on entende leurs conversations dans un lieu public. J’étais heureuse tout de même : au stade où il en était, c’était ce que je pouvais espérer de mieux. Les copines ont tenté de me dissuader. Elles qui hochaient lentement la tête lorsque je leur faisais part de mes progrès se sont soudain trouvées convaincues qu’il n’était pas pour moi et qu’il fallait trouver quelqu’un d’autre. Elles n’avaient pourtant pas semblé s’inquiéter outre mesure de mon bonheur avant que je ne songe à le pérenniser. J’ai tout balayé d’un haussement d’épaule : pouvaient-elles comprendre ? La douleur, les cris, les obstacles, c’était le ferment des grandes histoires d’amour. Celles qui font date, celles sur lesquelles on écrira un jour.

            J’ai alors mené la vie des princesses telles qu’on les rêve dans les contes de fée. Après les présentations officielles et les cérémonies coûteuses, nous nous sommes installés dans un petit manoir au bord d’une départementale. Le grand jardin figurait assez bien la forêt entrelacée de La Belle au bois dormant, et il fallait rouler une demi-heure au milieu de nulle part pour ramener ses courses. J’avais réussi. J’avais abattu tous les obstacles qui s’étaient dressés sur ma route pour construire ma grande aventure et connaître l’amour. Sans doute ne restait-il plus qu’à le vivre.

Hélas, dans ce qui avait été le décor de son enfance, la bête reprit le pas sur le prince. Il se présenta comme au premier jour, ce qui aurait été la meilleure des nouvelles si je ne l’avais pas choisi monstrueux comme au crépuscule des contes. Mes livres finissaient lorsque mes personnages parvenaient au bonheur. Moi, je me retrouvai dans un cycle, une série à suivre, interminable, où la relation réparée se détériore de nouveau dès lors qu’il manque un arc narratif à la saison.

Alors j’ai pris quelques affaires, les ai fourrées dans un sac. J’ai renoncé à tracer la virgule parfaite qui recouvre mes paupières et me donne l’air malicieux même lorsque j’ai envie de pleurer. Je suis allée dans la remise du jardinier, j’ai pris sa brouette, pour la remplir de mes romances à dormir debout. Je les ai enterrées sous un vieil orme avec la bague de fiançailles, parce que c’est ce rêve-là que j’ai épousé, et pas l’homme qui dort à l’intérieur du manoir, et qui n’aura été qu’un monstre ordinaire.

J’ai fait mon sac sans bruit et sans romanesque. C’est l’hiver, le parc est mort et j’ai cru trop longtemps aux contes pour enfant. 



A lire également sur Scribay (Identifiez-vous pour voir le lien) si vous préférez.

Dernière modification par Hendiadyn (16/01/2017 11:38:43)


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#70 16/01/2017 11:33:04

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Si jamais, je voulais poster le texte de la semaine dernière aujourd'hui, parce que j'ai VRAIMENT pas eu le temps à cause des examens, c'est accepté ou pas ?


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#71 16/01/2017 11:35:08

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Sans problème, Snurb smile
Les codes à indiquer (2017.2) sont là pour qu'on s'y retrouve en cas de chevauchement, justement !

Dernière modification par Hendiadyn (16/01/2017 11:35:39)


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Snurb aime ça.

#72 16/01/2017 11:36:12

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Hendi : Intéressant.   smile

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J'ai cru voir un truc étrange :
§5, ligne 4 > "tous voulu tous" ?

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#73 16/01/2017 11:39:09

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Merci, Alpra, je file retirer le "tous" en trop big_smile


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#74 16/01/2017 14:13:06

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017.3 : Le vaillant petit Manu

Warning : ceci n'est qu'une aimable pochade et n'a aucune prétention, même littéraire (pour avoir une idée du niveau, ça m'est venu en rapportant chez moi un four combiné de 21 kg).

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Le vaillant petit Manu

Un beau matin qu'il s'apprêtait à déguster une tartine de popularité, couvé par les tendres yeux de sa femme (ou de sa mère, les avis divergent), le vaillant petit Manu vit s'approcher sept mouches dont une fille qui tournaient autour de sa tartine. N'écoutant que sa femme, il se saisit de sa tapette à mouches et les écrabouilla d'un seul coup. Bien sûr c'est pas beau de taper sur une fille, mais c'était SA tartine quoi !
"Oh mon Manu, que tu es vaillant ! Quel exploit !" s'extasia son aimée.
Il est doux de se mirer dans les yeux d'une femme qui vous aime, et quand elle se mit à broder une ceinture en lettres d'or* avec cette inscription : "J'EN AI TUE SEPT D'UN COUP ! VIVE LA REPUBLIQUE ! VIVE LA FRANCE !", la joie du vaillant petit Manu ne connut plus de bornes.
Il revêtit la ceinture magique - et très efficace contre les douleurs lombaires - puis il partit haranguer les foules et propager la bonne parole. Fine mouche, sa femme le suivit pour veiller à ce qu'il mange et dorme bien.
Le vaillant petit Manu connut un succès fou, ses meetings refusaient du monde. Les mouches survivantes bourdonnaient d'angoisse à la seule évocation de son nom.
On raconte même que le roi, déçu de ses successeurs naturels qu'il trouvait lâches et fourbes, songea à faire du vaillant petit Manu son héritier.

Comment ça finit ? Mais j'en sais rien moi comment ça finit, on n'est que le 16 janvier 2017, un peu de patience !


* Oui alors ça c'est de la pure fiction, il n'y a rien de plus horrible que de broder avec du fil métallique yikes

Dernière modification par tatazizou (16/01/2017 15:20:23)


Si vous arrivez en retard, dites :
"C'est que je ne suis pas le premier venu".
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#75 16/01/2017 20:01:47

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017. 3 - Une réécriture d'un conte de fées

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Ses parents l'avaient longtemps désirée. C'est aux premières lueurs du jour qu'elle était née, aussi ils l'appelèrent Aurore. Il n'y avait pas eu de complications particulières. Il faut dire aussi que ses parents étaient aisés, et que la clinique privée disposait du meilleur équipement et des meilleurs spécialistes. De nombreux SMS et mails furent envoyés pour annoncer l'arrivée de la merveille. Et très vite, un baptême fut planifié.
Lors de la cérémonie, une cousine éloignée de la mère intervint pour prononcer une funeste prophétie. Oui, Aurore serait belle et aurait de très nombreux talents, mais à l'âge de vingt ans, elle entrera dans une longue phase de sommeil dont elle ne sortira jamais. Sa nouvelle marraine rétorqua alors qu'on ne vivait pas chez Disney, et lui demanda de partir réparer les motos russes ailleurs.

Des années plus tard, après avoir réussie de brillantes études, Aurore était stagiaire dans la prestigieuse entreprise Fuseau & Rouet. Mais l'ambiance intérieure était loin d'être aussi reluisante que la communication externe l'annonçait. Elle qui était naturellement joyeuse et entreprenante, devint petit à petit d'humeur plus sombre et catatonique.
Ses parents, inquiets de son sort, lui firent rencontrer de nombreux experts et le verdict fut sans appel : Dépression sévère.

Aurore n'avait plus goût à rien, et restait cloîtrée dans sa petite chambre au sixième sans ascenseur d'un vieil immeuble de style Haussmannien du vingtième arrondissement de Paris, tout près du cimetière du Père-Lachaise, dans la rue du Bois Dormant (qui a été rebaptisée entre temps, inutile de la chercher sur Maps).
Sa marraine passait la voir régulièrement pour lui apporter tout le nécessaire pour survivre au jour le jour... en tentant de nombreuses choses, mais sans trouver ce qui pourrait aider Aurore à sortir de ses idées noires récurrentes. Cela dura ainsi pendant quatorze longues années... Cent ans en années de chien si on en croit la rumeur populaire.
Tandis qu'elle n'avait plus goût à rien pendant tout ce temps, Aurore s'était souvent abrutie devant la télé, à regarder des programmes stupides qu'elle ne voyait que distraitement. Pourtant, une lente transformation avait commencé. Elle réfléchissait un peu plus sur elle-même. Voyait le monde et les gens de manière différente. Elle en parlait parfois avec sa marraine. Juste un peu. Pour échanger quelques idées ou quelques points de vues.

Et un jour enfin, sa marraine lui annonça qu'elle s'absentait pour quelques temps. Pour une cure de thalassothérapie. Mais elle connaissait une personne digne de confiance pour lui apporter le nécessaire quotidien à sa triste vie quasi monastique. « Et fais un effort pour être présentable... ne serait-ce que pour ne pas trop l'effrayer et qu'il revienne t'apporter ce dont tu as besoin. »

Philippe n'était pas très beau. Mais il avait une timidité touchante. Lors de ses premières visites, il bredouillait quelques mots, rangeait les courses dans le frigo, stockait les boîtes de conserve, sortait les poubelles, mais rien de plus.
Petit à petit, il est devenu plus confiant... tout comme Aurore se détendait et se familiarisait à cette nouvelle présence.
La marraine n'est jamais revenue après sa cure de thalassothérapie. On peut croire qu'elle a senti que quelque chose se passait enfin, et qu'il était préférable de disparaître du décor qui se mettait en place.

Et puis, un jour de printemps, Philippe a dit :
« Habille-toi. J'ai envie que tu vois autre chose que ce vieux cimetière. Les Buttes Chaumont, tu connais ? J’éteins la télé et je t'attends en bas. Je suis sûr que ça va te plaire. »

Dernière modification par Alprazolam025 (21/01/2017 20:58:07)

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