Vie de merde - Le forum / Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

#201 25/05/2017 20:40:46

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Bon déjà... je pense que la dernière fois que j'ai écrit un texte autre qu'une dissertation c'était au collège. J'en appelle donc à votre clémence. J'ai écrit un texte descriptif où il pourrait se passer plein de choses que je vous laisse imaginer.

2017.21. - Une histoire qui se déroule sur une autre planète

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La planète Dendrobium était la plus petite mais la plus puissante du système Kwiaty. Sa population, les Dendrobiens, était dotée des principales caractéristiques des humanoïdes. Cependant, les Dendrobiens se distinguait des Terriens par leur cycle de vie. En effet les Dendrobiens naissaient dans des cocons, et étaient pourvus d'ailes à la naissance, qu'ils pouvaient utiliser dès leur 1ère année. Ainsi les Dendrobiens savaient voler avant même de savoir marcher, ce qui posait beaucoup de problèmes à leurs parents qui, eux, avaient perdu leurs ailes le jour de leurs 16 ans ! Heureusement, les Dendrobiens vivaient comme une petite communauté affrontant ensemble le jour et la nuit. A ce propos, les Dendrobiens n'avaient pas de système horaire, ce qui leur permettait de vivre à leur rythme individuel. En revanche le soleil se levait à Dendrobium toutes les 30h terriennes.

Il y avait 3 villes principales à Dendrobium . Polis étaient la capitale où l'on trouvait les principaux organes de décision, de justice et de défense. La planète était dirigée par 3 représentants, chacun élus dans leur ville d'origine. Ces 3 personnes décidaient de la répartition des ressources. Philae spécialiste du savoir en général étaient le siège de tous les philosophes, scientifiques, écrivains, et autres artistes. Phusis quant à elle était peuplée d'agriculteurs, viticulteurs, pêcheurs, éleveurs et autres amoureux de la nature.

Le jour anniversaire de leurs 16 ans était une journée décisive pour les jeunes Dendrobiens. C'était non seulement le jour où ils décidaient quelle ville ils allaient habiter, mais c'était aussi le jour où on leur coupait leurs ailes devenues inutiles car ne fonctionnant plus. Un groupe de contestataires, les Esthétos, s'était d'ailleurs formé pour protester contre la destruction des ailes lors de ce rituel. Leur discours était que même si les ailes étaient devenues inutiles sur le plan fonctionnel, elles faisaient tout de même partie du corps des Dendrobiens et il était ainsi stupide de les en séparer. De plus, on pouvait y voir un accessoire de beauté, valorisant la personnalité de chacun. D'autres arguaient que la présence des ailes pouvaient s'avérer inconfortable, particulièrement en position couchée. Le débat était ouvert.

Dernière modification par Hyrise (26/05/2017 12:45:33)

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#202 26/05/2017 15:24:19

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Pas mal du tout, Hyrise ! Je me suis surprise à m'intéresser à cet univers, et j'ai maintenant envie de lire des aventures dans ce contexte ! Je pense en tout cas que tu peux être fière de toi ! big_smile

De mon côté, je rattrape une ancienne semaine avec ce petit texte sans prétention :

2017.17. - Une histoire qui se déroule dans un pays où vous n'êtes jamais allés

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W. doit réussir dans la vie. W. n’a pas le choix.

Ses parents se sont donnés tant de mal pour qu’il aille à l’Université.

Le magasin est ouvert tous les jours et jusque tard dans la nuit. Le père de W. s’est fait braquer deux fois. Il est allé au marché noir pour acheter un flingue qu’il garde caché sous le comptoir.

W. a ses chances, maintenant. C’est un garçon sérieux, il travaille bien à l’école.

Au début, ses parents avaient eu peur. Trop occupés au magasin, ils l’avaient laissé pousser comme un pissenlit sauvage sur le bitume et W. courait tout le jour dans les ruelles, le short crasseux, avec les autres garçons du quartier. Le père de W. le poursuivait de rue en rue pour qu’il rentre à la maison et fasse ses devoirs.

Heureusement, W. s’est assagi. On lui a expliqué qu’il devait réaliser des rêves qu’il n’avait pas même formulés pour lui-même. Il a cessé de courir avec les copains le long des trottoirs. Il a recopié des idéogrammes. Les taches d’encre et les tremblements des non lettrés ont peu à peu disparu de ses feuilles de cours et le professeur l’a félicité pour ses efforts.

W. a travaillé dur. Il le fallait bien : ses parents sacrifiaient leurs nuits pour son avenir.
W. revient aujourd’hui d’un semestre à l’étranger, où il a troqué son mandarin d’excellence pour un anglais international. Il se perd un peu sur le chemin, parce qu’on ne va pas comme ça du grand aéroport aux ruelles bétonnées des bas-fonds. Il faut prendre des correspondances.

Le magasin est toujours le même. Les sachets de céréales s’entassent dans des cartons, et sa mère a inscrit leurs noms sur les pancartes dans de grandes lettres rouges un peu trop rondes. Il a honte de voir une faute, subtile, sur l’une d’elles. C’est à des erreurs de tracé comme ça qu’on décèle ceux qui viennent des petites ruelles où il faut un flingue sous le comptoir et ceux qui deviendront importants. Il se demande s’il doit le dire à sa mère, mais il a trop peur de la blesser alors il range le souvenir de la pancarte rouge dans son souvenir, comme une fissure.

Avant de rentrer dans la boutique, il regarde les pissenlits, Pu gong ying, qui poussent dans le bitume lézardé. Il se souvient des soirées à faire la course, des genoux écorchés sur le sol et des jours où il n’avait pas à sauver à lui-seul le destin de sa famille. Il voudrait revenir à cette époque-là, ne plus se soucier de ses calligrammes et de la correction de sa mise.

Mais W. doit réussir dans la vie. Qui d’autre que lui pourrait le faire ?

W. est fils unique.



P.S / Le récap' est mis à jour. smile

Dernière modification par Hendiadyn (26/05/2017 15:34:06)


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#203 29/05/2017 14:22:34

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Nouveau thème de la semaine :

2017.22. Une histoire écrite du point de vue d'un mort ou d'un mort-vivant


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#204 29/05/2017 18:51:59

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Comme Hyrise, j'écrivais beaucoup avant, et puis j'ai perdu cette habitude.

Le sujet m'a inspirée, donc je l'ai pondu assez rapidement. Et si vous vous posez la question, ce texte est effectivement basé sur un de mes propres vécus.

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Je crois bien que c’est terminé.

Il y a encore une dizaine de minute, Justine est venue me voir et m’a installée pour dormir. J’étais si bien : positionnée légèrement sur le côté, avec des coussins pour me caler dans la bonne position. J’ai une belle robe de nuit toute fraîche. Et puis, Justine a même pris le temps de passer un coton dans ma bouche si sèche. J’ai cette sensation mentholée qui traverse tout mon corps, c’est très agréable.

La seule personne qu’il manquait, c’était Jean. Il a promis qu’il passerait la nuit auprès de moi. J’ai beaucoup toussé aujourd'hui, la journée était longue… Mais là je me sens apaisée, ça va beaucoup mieux.

Quand Jean est arrivé, j’ai vu que quelque chose n’allait pas. Il arrive toujours avec une certaine appréhension dans son regard, mais elle s’estompe tout de suite dès qu’il me voit.
Là, ce n’est pas comme d’habitude. Son appréhension ne le quitte pas. Il m’observe sans bouger, le regard vide. Puis il quitte la pièce. Je l’entends murmurer quelque chose, il ne veut pas déranger, mais ça semble important.

Il revient avec Camille, celle qui est si jeune. Elle adopte le même regard que lui. Elle ne sait pas trop quoi faire ni quoi dire. Je crois que j’ai compris.
Camille s’approche, et pose doucement sa main sur mon front. Elle m’observe, longuement.
Les secondes semblent se transformer en heures pour Jean, qui attends une réponse, un espoir.

« Je… Je suis désolée. »

Camille quitte la pièce et me laisse seule avec Jean. Il reste dans le coin, il ne sait pas quoi faire.
Elle revient très rapidement avec Justine, qui comprend tout de suite. Elle se rapproche de Jean, qui reste très fermé, il ne montre rien. Elle lui explique que c’était très rapide, que c'est elle qui m'a installée avant la nuit, et que je semblais être très paisible.

« Est-ce que vous voulez que j’appelle Olivier ? »

Non, Jean veut s’en charger. Ils me laissent seule.

Olivier arrive rapidement. Lui, il n’a pas peur de s’exprimer... Il a toujours été celui des deux qui était le plus extraverti, il prend plus de place. Il est très ému, et ça fait pleurer Jean. Enfin.

Je commence à perdre la notion du temps. Tout semble arrêté, mais je sais qu’ils sont tout près de moi, qu’ils ne sont pas encore totalement prêts à me voir partir. Ils n’osent pas lâcher ma main, ils me chuchotent encore des phrases à l’oreille. Leurs mots sont si doux.

Il y a eu beaucoup d’aller retours, je ne me rappelle plus exactement qui est venu. Parfois il y avait des gens, parfois j’étais seule. On a mis une jolie musique dans la pièce et allumé quelques bougies.

Je commence doucement à partir.

Camille et Justine viennent commencer les soins. Leurs gestes sont très doux. Elles enlèvent cette sonde qui me gênait tant, elles me lavent avec de l’eau tiède et du savon qui sent bon. Elles m'enfilent les vêtements qu’Olivier a apporté. Elles continuent de me parler, comme si je pouvais encore leur répondre.

Avant de quitter la pièce, l’une d’elle asperge la chambre avec le petit flacon de parfum qu’il y a sur ma table de nuit. C’est une odeur réconfortante.

Jean et Olivier reviennent. Ils sont un peu surpris. Olivier dit immédiatement que je suis très belle, mais qu’il me préférait avant, quand j’étais en chemise de nuit, installée sur le côté.

« Là, on voit qu’elle est morte ».

Voilà, il a dit le mot interdit. Je peux enfin partir.


Hyrise, le 22 avril 2014 à 21:24:47 : « Je crois qu'Holly a raison (comme d'habitude) »
LadyMusiic, le 12 juin 2015 18:54:44 : « (...) effectivement Holly a raison »
Snurb, le 4 janvier 2017 à 22:51:55 : « Je pense qu'Holly a raison ! »
Douce58, le 15 janvier 2017 à 18:23:48 : « Oui j'ai souvent raison, comme Holly, quoi. big_smile »

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#205 29/05/2017 23:44:38

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Décidément, mon retard semble difficile à rattraper. Enfin, c'est pas grave. D'autant moins que, sauf si je trouve une idée satisfaisante avant ce week-end, il faudra attendre le début de la semaine prochaine pour ma participation, parce que je vais au mariage d'une cousine et que je doute d'avoir le temps d'écrire. Mais bref, retard ou pas, je compte bien ne rien lâcher, je veux le mener jusqu'au bout, ce projet. ^^

2017.21. - Une histoire qui se déroule sur une autre planète

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Je ne suis pas sûr, étant donné la rotation quotidienne plus lente de cette planète, et sa révolution beaucoup plus rapide que la Terre, mais à vue de nez ça fait environ seize mois que nous avons échoué ici, mon équipage et moi-même. Maintenant j'y suis à peu près habitué, mais j'avoue qu'au début, j'ai eu un peu de mal à me faire au changement. L'étoile autour de laquelle nous orbitons est une naine rouge, ce qui fait que la planète est beaucoup plus près d'elle, et donc, non seulement la lumière est à la fois plus vive et tire plus vers le rouge que la lumière terrestre, mais en plus nous sommes exposés à un rayonnement stellaire plus fort, et s'il n'y avait pas une magnétosphère conséquente, ce rayonnement ferait bien pire que simplement perturber nos appareils électroniques, et notre sommeil. À défaut de réussir à réparer les moteurs, beaucoup trop endommagés et ne disposant pas de pièces de rechange, nous avons pu profiter de la chance que notre chargement soit constitué de semences pour les planètes agraires de la fédération. Ça nous a demandé quelques essais et ratages, car aucun de nous n'avait de connaissances très pointues en agriculture, mais nous avons pu faire sortir de terre ce qui pourrait recevoir le nom de "jardin" sans trop avoir à se mentir, et ce avant d'avoir totalement épuisé nos rations de survie. Heureusement pour nous, il y avait de l'eau potable à moins d'une heure de marche du lieu où notre appareil a fini sa course, dans le cas contraire nous n'aurions pas tenu une semaine avec les maigres réserves que nous avons pu sauver de l'épave. Pour résumer, nous ne nous en sommes pas si mal tiré, surtout en regard de l'état dans lequel cet atterrissage en catastrophe nous avait laissés. Du moins, est-ce ce que j'aurais pu dire il y a peut-être encore deux mois. Nous l'ignorions, mais il n'y avait pas que des graines, des bulbes et autres haricots, dans les soutes. Il y avait aussi un passager clandestin. Une espèce de moisissure, le genre qui se développe habituellement dans les hangars des stations interstellaires. Si nous ne l'avons pas remarquée au début, c'est parce qu'elle devait être encore sous la forme de spores disséminées ici ou là, et que l'air très sec de nos soutes ne leur permettait pas de se développer immédiatement. Mais au bout de quelques mois, nos allers et retours entre l'épave et le jardin leur ont permis de nous rejoindre. Nous, et l'oasis que représentait le jardin. Même après qu'elle a commencé à s'installer, nous n'avons pas plus remarqué cette moisissure. Il semble qu'elle se développait surtout pendant la nuit très froide, pour se rétracter et quasiment disparaître le jour. Notre scientifique en chef - enfin, disons, celui d'entre nous qui s'approche le plus de cette fonction - a émis l'hypothèse que le rayonnement direct de la naine rouge lui était très nuisible, mais que ce même rayonnement, réverbéré par la plus grosse lune du système planétaire, était expurgé de sa partie nuisible tout en conservant un spectre favorable à la croissance de la moisissure. Un truc en rapport avec la nature de la surface de la lune, si j'ai bien compris. Je n'en sais pas beaucoup plus, étant donné que Skaph - notre "scientifique" - a été le premier à succomber. Il y a environ cinq semaines, malgré tous nos bons soins et notre zèle, le jardin a inexplicablement commencé à péricliter. Nous avions l'impression qu'il se faisait grignoter par une créature invisible très vorace. Le temps que nous découvrions cette saleté de moisissure, il était déjà trop tard. Elle était partout. Rien n'en a réchappé, pas le moindre petit tubercule, pas la moindre petite pousse. En trois semaines, le jardin avait été remplacé par une espèce de cimetière végétal lugubre. Le peu de vivres que nous en avions tiré nous aurait tout au plus permis de survivre un mois, peut-être deux. Mais notre première réaction, qui a été de placer ce stock à l'abri de la moisissure, a précipité notre fin. En effet, faute de végétal à manger, elle s'est rabattue sur ce qui restait : nous. Après Skaph, elle s'en est pris à Rolph, mon copilote. Puis Zara et Jorg, l'escorte que la fédération nous avait attribué. Puis Hymon, Kabrek, Stu, et tous les autres. Darb et moi, nous avons pu nous réfugier dans l'épave, mais elle n'était pas assez étanche. Aujourd'hui, je suis déjà bouffé jusqu'aux cuisses, je pense que je ne vais pas passer la prochaine nuit. Je profite de ce maigre répit pour envoyer ce message. Ceci n'est pas un S.O.S., c'est un avertissement : ne venez pas sur cette planète, ou vous mourrez, comme nous, d'une façon atrocement lente et douloureuse.


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#206 30/05/2017 19:01:16

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Tu m'as mis les larmes aux yeux Holly.


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#207 30/05/2017 23:03:13

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Merci Made. Je pense que c'est du vécu pour toi aussi. smile


Hyrise, le 22 avril 2014 à 21:24:47 : « Je crois qu'Holly a raison (comme d'habitude) »
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#208 31/05/2017 15:06:50

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Effectivement... plutôt "récent" en plus.


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#209 31/05/2017 22:08:32

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Hollynette : Ton texte est magnifique. Tout comme Mady, il ne m'a pas laissé indifférente. Il fallait que je me connecte pour te le dire.

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Eh oui, je vous lis encore de temps en temps. Bises à tous.

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#210 31/05/2017 22:10:24

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Pour un premier essai, c'est vrai que je suis plutôt contente.
Merci Maple, c'est toujours agréable de te lire, j'espère que tout va bien pour toi smile


Hyrise, le 22 avril 2014 à 21:24:47 : « Je crois qu'Holly a raison (comme d'habitude) »
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#211 31/05/2017 22:14:06

Aujourdhuit
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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Tu peux l'être. Tu as su trouver les mots justes, ça rend ton texte très émouvant.
Il y a des hauts et des bas, comme pour tous, j'espère que tu vas bien également.

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#212 31/05/2017 22:18:00

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Moi pour le moment ça va très bien. Je t'ai envoyé un MP, pour ne pas faire de HS ici smile.


Hyrise, le 22 avril 2014 à 21:24:47 : « Je crois qu'Holly a raison (comme d'habitude) »
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#213 07/06/2017 00:18:59

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Bien, comme prévu, puisque je n'ai pas trouvé d'idée avant mon retour de week-end un peu mouvementé, je m'y suis collé ce soir.

2017.22. - Une histoire écrite du point de vue d'un mort ou d'un mort-vivant

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Comment ça, "c'est une erreur" ?! Mais enfin, c'est impossible ! Ah mais je vous assure que si, je suis bel et bien mort ! Croyez-moi, je l'ai senti passer, le trente-trois tonnes en pleine poire, et il y a intérêt que je sois mort, parce qu'il est hors de question que je retourne dans l'espèce de gaspacho informe qui me servait d'enveloppe charnelle ! Pardon ? Ce n'est… CE N'EST PAS VOTRE PROBLÈME ?!!! Ah, bah j'aimerais bien savoir de qui c'est le problème, moi, parce que je n'y peux rien ! Vous vouliez que je fasse quoi ? Que je le retienne avec mon petit doigt, peut-être ?! C'était pas mon heure, c'était pas mon heure, non mais je vous entends bien, hein ! Mais enfin, vous voyez bien que c'est trop tard ! Comment voulez-vous rattraper un truc pareil, je voudrais bien vous y voir, tiens ! À moins que vous puissiez remonter le temps ? Non ? Trop de… Ah bah oui, ça, je sais ce que c'est, hein, j'étais contrôleur des impôts, alors les ennuis de paperasse, je connais, croyez-moi. Mais du coup, je ne vois pas ce qu'on peut faire d'autre, y'a pas, que ce soit mon heure ou pas, je suis mort, je suis mort, c'est tout. Vous n'avez qu'à régulariser mon décès et on n'en parle plus ! Mais comment ça, vous ne pouvez pas ?! Mais enfin, vous n'allez pas me dire que c'est la première fois que ça arrive, quand même ! Il doit bien y avoir une procédure, un papier à signer, un recours à déposer quelque part, je sais pas, moi, peut-être un appel à votre supérieur, un truc du genre, non ? Oui ? Eh bien alors, faites donc ! Je ne vais pas poireauter là pendant des plombes, moi, j'ai pas envie d'être asticoté par un médium ou je ne sais quel marabout de pacotille pendant que vous pesez le pour et le contre, ou que vous en discutez en pause café avec vos collègues, allez zou ! Au boulot, mon vieux ! Oui, bon, ça va, façon de parler, je sais bien que vous autres psychopompes, vous n'avez pas d'âge. Mais moi, j'ai pas envie de passer l'éternité à tourner en rond comme une âme en peine, alors bougez-vous un peu, ce n'est quand même pas de ma faute s'il y a eu un couac dans les engrenages rouillés du destin ou je ne sais quoi ! C'est ça, à tout de suite. De toute façon, je ne risque pas de m'envoler. Enfin, j'espère ? Ah, bon, vous me rassurez. Mais oui, c'est ça, allez-y, je vous attends. Ah non, mais, elle est bien bonne, celle-là. Pas mon heure, qu'il me dit, l'autre. Pas mon heure, mais je me mange un gros tas de ferraille fou en pleine tête. Et il voudrait que j'y fasse quelque chose, l'animal. Non mais, je te jure, je quitte un monde de paperasse à la con pour me retrouver dans une position pareille, si ça c'est pas de l'ironie ! … Ah bah, vous avez fait vite ! Alors ? … ILS ONT DIT QUOI ? Comment ça, que j'y retourne ?! Vous voulez dire, dans cette flaque de chair informe, LÀ ?!! Pardon ? … Oh. Et j'imagine que je n'ai pas le choix ? … C'est vrai ? … Ah oui, très drôle. Et donc ? Comment ça se passe ? Comme c'était prévu que ce soit le camionneur qui décède en essayant de m'éviter, je vais prendre sa place dans son corps ? Heu… Non, non, ça me semble logique, mais… Je veux dire, ça ne va pas faire bizarre à ses proches, qu'il ne les reconnaisse pas et tout, et tout ? … Une amnésie définitive à cause du choc… D'accord, d'accord, ça me semble plutôt logique. Et du coup, je ne me souviendrai de rien de tout ça ? … Seulement le jour de ma véritable mort ? Bon, OK, admettons. … Oh, oh ! … Attendez, juste une seconde ! Il était à jour sur ses impôts, au moins ?



Et comme personne n'a relancé pour cette semaine, voici le thème suivant :
2017.23. - Une histoire au sujet d'un anniversaire


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#214 12/06/2017 21:54:58

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Finalement, c'est pas grave, vu la quantité incroyable de propositions, personne ne remarquera que je suis encore en retard. big_smile

2017.23. - Une histoire au sujet d'un anniversaire

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Mon fils, aujourd'hui est un jour très spécial. C'est l'anniversaire du jour où on s'est rencontré, ta mère et moi. Enfin, non, pas exactement. C'est l'anniversaire du jour où on s'est mis ensemble, parce que en fait, on se connaissait depuis longtemps. À la base, c'est sa sœur que je voulais pécho, tu sais, ta tante Soso. On dirait pas comme ça, mais à l'époque, elle était super bonne, et très intelligente, tante Soso. Maintenant, elle est toujours aussi intelligente, mais depuis qu'elle est avec son cuisinier de bonhomme, elle a au moins triplé de volume. Puis de toute façon, comme elle est intelligente, elle a pas voulu de moi, elle a tout de suite compris que j'étais un pauvre type sans avenir. Alors je me suis rabattu sur tatie Juju, tu sais bien, la copine de maman qui vient nous casser les couilles une fois par mois à vouloir bouffer que de la salade bio et à nous engueuler à cause de la boîte de steak haché dans le frigo, comme quoi on est des monstres sans cœur à vouloir becqueter de paisibles herbivores (on voit bien qu'elle s'est jamais faite courser par un taureau en traversant le champ derrière chez mamie). Elle, elle faisait moins la hautaine, et elle rechignait pas à s'allonger, si tu vois ce que je veux dire. Mais bon, quand même un peu trop à mon goût. Quand je l'ai vue passer de mon pote Rob à mon pote John, puis à Sino, puis à Conrad, puis à Fred, et tout un tas de clampins dont j'ai oublié le nom, c'est moi qu'ai plus eu envie. Surtout quand elle est sortie en même temps avec Seb, Lany et Stephanou. Je me suis dit que j'étais pas mûr pour porter les cornes. Après ça, j'ai eu le béguin pour sa copine Mumu, mais tu peux pas voir qui c'est, parce qu'elle s'est fâchée avec tout le monde en piquant le mec de maman de l'époque, ce vieil enfoiré de Gégé. Comme ça a bien dégénéré avec le reste de la bande - il y a eu de la bagnole rayée et du règlement de comptes à coups de merde dans les boîtes aux lettres, et autres graffitis putassiers sur les murs, enfin, tu vois le genre - ils sont partis vivre à Pétaouchnok-les-oies, et on n'a plus jamais eu de nouvelles. C'est après que j'ai remarqué la petite Chloé, la sœur de tatie Juju. Au début, quand c'était encore une gamine, elle devait l'emmener partout avec elle parce que ses parents l'obligeaient, ils disaient qu'à devoir la surveiller ça la pousserait à donner l'exemple et à limiter les conneries, parce qu'en cas de problème les deux se feraient punir pareil à coup de ceinturon par le paternel. Du coup elle était toujours fourrée avec nous, et en guise de surveillance, elle était de tous les mauvais coups, et de toutes les expériences - d'ailleurs c'était pas la dernière à s'endormir sur le joint, la petite. Mais bref, entretemps elle avait bien poussé, de petite pisseuse craspouille et chiante, elle était devenu une jolie petite plante tout à fait appétissante, dont les hormones ne servaient pas qu'à fleurir son front avec des spots. J'ai bien cru que c'était la bonne, parce qu'en plus de sauter dans mon pieu sans que j'ai eu à la faire boire avant, ni même lui payer un restau, elle m'avait partagé des rêves d'avenir plutôt cool, à base de voyages, d'amour et d'eau fraîche. Mais bon, ça n'a pas duré. Elle venait à peine d'avoir son permis et de décrocher une bourse d'études, qu'elle a décidé que j'étais pas le bon mec pour les voyages, l'amour ou l'eau fraîche, alors elle m'a plaqué comme une grosse merde, et est partie avec un Italien, ou un Grec, je sais plus. C'est là que j'ai commencé à penser que c'étaient vraiment toutes des salopes, et qu'en plus il n'y en aurait aucune pour vouloir rester avec moi. Sauf que ta mère a décidé du contraire. Ça l'a prise comme une envie de pisser : elle m'a invité à sortir, j'ai dit oui parce que j'avais rien (et personne) d'autre à foutre, et en fait ça a collé du premier coup, on s'est trouvé cons de pas avoir essayé plus tôt. Donc je peux te le dire : toutes des salopes, sauf ta mère ! Mais lui répète pas, hein. Elle a déjà assez les chevilles comme ça. De toute façon, t'as même pas encore deux ans, je pense pas que… Oh nom de… Dis moi que j'ai mal entendu. Oh putain de merde, comment je vais faire… Je suis foutu. Ah, misère… J'arriverai jamais à expliquer à ta mère pourquoi ton premier mot est « salope »…



2017.24. - Une histoire qui s'achève par un suspense (cliffhanger)


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#215 14/06/2017 23:27:07

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017.24. - Une histoire qui s'achève par un suspense (cliffhanger)

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Un jour, peut-être ...


La plus fastidieuse étape du deuil, qu'aucun "psy" n'a jamais prise en compte : la paperasse !

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#216 16/06/2017 03:22:06

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Bon ça fait un bout de temps que je n'ai pas participé alors que je m'étais promis de m'y tenir. Mais je ne veux pas prendre plus de retard en me disant "je posterais tout d'un coup" alors je poste celui de la semaine et ceux d'après plus tard quand j'aurais le temps. et l'inspiration aussi.

2017.24. - Une histoire qui s'achève par un suspense (cliffhanger)

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Qu'est-ce qui m'a entraîné là dedans ? Dans ce tournoi duquel je ne sortirais peut-être pas en vie ? Attendez, reprenons depuis le début.
J'étais au lycée. Un étudiant sans rien de particulier en rade d'argent comme tous les lycéen à essayer de taxer des clopes. Pourquoi ils se sont intéressés à moi ? Ah, ça me revient. Je jouais au poker avec des potes dans le parc, il faisait beau et on avait décidé de sécher. Je venais de réussir un joli coup qui m'avait rapporté pas mal. Enfin pas mal, de quoi me payer un paquet de clope quoi. Et c'est en remballant qu'un de ces gars est venu m'aborder. J'étais bon selon lui, j'avais du sang froid et un sens des probabilité et du bluff. Il pourrait faire de moi son champion à ce qu'il dit. Et je pourrais me faire un paquet de blé. là ça commençait à me parler.
J'ai fait ses tournois, je me suis toujours dit que j'allais amasser assez et arrêter tout de suite après, après tout pourquoi continuer ? ça ne m'amusait pas tant que ça. Mais je n'avais jamais assez, c'était de l'argent facile après tout, et puis je ne faisait rien de mal. Je partageais le tapis avec mon "Manager" et même avec ça je suis quad même devenu riche en un petit bout de temps.
Avec le temps il y avait de moins en moins de monde, et de plus en plus de fric sur la table, je commençais à jouer "dans la cour des grands" comme on dit. Et de plus en plus je devenais parano avec raison je pense. Plusieurs fois on m'a suivi jusque chez moi. Ca va mal finir, mais juste une dernière partie.
Et puis le soir où je devais recevoir son appel pour me dire le lieu du tournoi il m'a dit que les règles avaient changées, que ce n'était plus le même jeu ... Mais que jamais je ne pourrais gagner autant en une soirée. Un autre jeu ? Pourquoi pas ? J'en ai un peu marre du Poker. Et puis c'est ma dernière partie, si ça peut me permettre de finir en empochant comme jamais je signe tout de suite ! En arrivant on me briefe sur les règles. Je peux passer mon tour en payant au centre de la table, mais le prix pour passer double à chaque fois que je le fais. 1 la première fois, 2 la seconde, 4 la troisième etc ... Lorsqu'un joueur perds, la somme du centre est partagée entre les joueurs restants et on entame un nouveau tour. Et ce jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul joueur qui empoche l'intégralité de la somme depuis le début du jeu. Pas mal comme principe. ça me plaît. Bon, on joue ?
Et c'est en arrivant dans la salle que j'ai compris quel était ce jeu, et l'importance de gérer ses tours. Un seul flingue, dix joueurs, neuf balles, neuf tours. La roulette russe. je m’assoie et regarde mes adversaires. Nous sommes dix et un seul d'entre nous s'en sortira vivant. Et riche.
Au début tout le monde passait, mais les sommes sont vites devenues astronomiques et certains ne pouvaient plus payer. Obligés de jouer. Pour ma part j'avais de la chance d'avoir un peu d'avance avec tout ce que j'avais accumulé au cours de mes parties de poker. Mais au bout du sixième tour ça a commencé à se corser, je n'avais plus beaucoup, je devais gérer. Et au huitième, alors que nous n'étions plus que trois ça a été la passe de trop, je n'avais définitivement plus assez. Et le flingue est dans ma main. Allez réfléchis, carbure. Il y a 6 chambres, une balle. Je peux choisir de faire tourner le barillet ou non. Réfléchis. Celui avant toi n'est pas mort ce qui signifie qu'il reste cinq chambres inconnues dont une a la balle. Probabilité : 1/5. Si je le fait tourner cette probabilité revient à 1/6. C'est pas beaucoup plus mais c'est déjà mieux. Je fais tourner et regarde à la lumière. Les trois chambres visibles de l’extérieur sont vides, ce qui signifies que j'ai maintenant un chance sur trois. Et je ne peux plus passer. J'ai voulu abandonner, mais ça ne fonctionne pas comme ça ici. Si tu essaie de fuir je sens bien que la probabilité de mourir est de 3/3 pour le coup. Alors entre 1/3 et 3/3 e choix est fait. Je pose le canon sur ma tempe, tremblant, et actionne la gâchette ...

Dernière modification par Saad742 (16/06/2017 03:24:06)


"Un comportement antisocial est un signe d'intelligence dans ce monde rempli de conformistes." - Nikola Tesla.

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#217 18/06/2017 21:44:53

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017.24. - Une histoire qui s'achève par un suspense (cliffhanger)

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Ah non, non, non, non, non, non, non, non, non, laissez-moi tranquille, laissez-moi, laissez-moi, laissez-moi ! Je ne veux voir personne, personne ! Vous m'entendez ?! Personne ne vient me voir, je n'attends personne, je suis bien tout seul chez moi, oui, tout seul, tout seul, laissez-moi. Qui, qui ?! Qui vient frapper chez moi, chez moi, chez moi, je ne suis pas là, non, si ! Je suis là mais je ne veux voir personne, laissez-moi, laissez-moi, laissez-moi. Raaaaaaââââh mais qui ça peut être, qui vient me déranger, qui vient sonner et frapper à ma porte ? Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne suis là pour personne, je ne connais plus personne, personne ne doit venir, je suis seul, tout seul, depuis longtemps et c'est comme ça, laissez-moi. Mais qui peut, qui ose ?! Non, je ne viendrai pas ouvrir. Ce n'est pas le facteur, il est passé ce matin, ce n'est pas le facteur, ça, non, c'est pas lui, pas lui du tout. Je l'aime bien, le facteur, il est gentil, il me demande toujours comment ça va, et ça va, ça va, parce que lui je l'aime bien, il a le droit de sonner, il a le droit de taper à la porte, c'est le facteur, je l'aime bien, il a le droit, ça va, lui ça va. Mais c'est pas le facteur, ça non ! Il ne passe jamais deux fois, jamais ! Alors laissez-moi, cessez de taper à ma porte, je ne veux pas, je ne veux pas ! Mais qui ose, qui ose ?! Il est trop tard, trop tard ! Il est au moins midi, si ça se trouve il est même déjà deux heures, deux heures ! Non, non, non, non, non, je ne répondrai pas, laissez-moi tranquille, laissez-moi. Ma femme, peut-être ? Ce serait toi, Clothilde ? Non, non, non, non, non, ça peut pas être toi, tu es partie, tu es morte, morte, morte, enterrée depuis longtemps, oui, longtemps. Tu m'as abandonné, tu m'as laissé tout seul, seul, seul dans cette maison, et ça peut pas être toi qui tape à la porte. Mais, qui, qui ?! Allez-vous en, je ne veux pas, laissez-moi ! Et laissez cette sonnette tranquille, elle ne vous a rien fait, laissez-moi, vous ne comprenez donc rien à rien, si je ne réponds pas c'est que je veux pas, partez, partez, partez ! Raaaâââh mais ils insistent, ils insistent ! Je ne suis pas là, laissez-moi je vous dis, je ne veux voir personne, personne, personne. C'est pas Marjorie non plus, c'est pas elle, elle s'est mariée et elle est partie loin, loin, loin, je ne la vois plus, ma fille adorée, elle est partie vivre sa vie, elle ne me parle plus, plus jamais, sauf quand elle appelle pour Noël et pour mon anniversaire, mais c'est pas mon anniversaire, ni Noël, je sais que c'est pas elle, pas elle, pas elle. Qui, alors, qui ? Qui ose, qui veut me déranger, qui tape à ma porte et sonne en continu, je n'en peux plus, laissez-moi, laissez-moi ! Je ne suis pas là, pas là, oubliez-moi, je ne répondrai pas. RÂÂÂH C'EST BON, J'AI COMPRIS, J'ARRIVE ! J'arrive. J'arrive. Mais je ne veux pas. Mais il faut que ça cesse, il ne faut pas sonner, ça m'énerve, ça me rend fou, je ne peux pas, je ne peux pas, je ne veux pas. OUI ! OUI ! OUI ! J'ARRIVE ! LAISSEZ-MOI LE TEMPS NOM DE DIEU ! Voilà, voilà, j'arrive, lâchez donc cette foutue sonnette, elle me rend fou, fou, fou. J'ARRIVE ! J'ouvre. J'ouvre. Attendez, j'arrive et j'ouvre. Qui donc ose, ose, ose ! Qui donc o… Ah ben ça ! Si je m'attendais !



Et pour cette semaine, vous pourrez plancher sur le thème suivant :
2017.25. - Une histoire qui se déroule pendant le solstice d'été


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#218 25/06/2017 23:51:58

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

2017.25. - Une histoire qui se déroule pendant le solstice d'été

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Bien le bonsoir, Messire, que puis-je pour vous ? Une chambrée pour la nuit ? Mais, certainement, pourvu que vous preniez également le dîner, comme précisé à l'entrée de ma modeste auberge. Pardonnez mon impudence, mais n'aurais-je pas déjà eu l'honneur de votre présence ? Vos armoiries et vos nobles traits me semblent familiers ? Ah mais oui ! Comment ai-je pu oublier ! Vous êtes le fils aîné de Seigneur Martin de la Haute Tour, Juste Marie, est-ce bien cela ? Que ne vous ai-je reconnu plus tôt, cela ne fait pourtant pas une année que je vous ai vu, mais si je puis me permettre, vous avez gagné en prestance. Votre père est-il toujours passionné par sa chasse des sorcières de la région ? Je dois avouer que lors de sa dernière visite ici, la nôtre a eu droit à un bûcher des plus magnifiques ! Si nous en avons trouvé d'autres ? Ah non, aucune. Il faut dire que vous nous aviez déjà pris de court la dernière fois, nous ne savions même pas que nous en avions une, alors en débusquer d'autres, vous pensez bien… Et puis, nous vous les aurions livrées sans plus attendre, cela va de soi. Oh mais je parle, je parle, venez, prenez place, installez-vous à votre aise, vous devez être affamé par le voyage. Vous verrez, ma femme prépare la meilleure poularde aux fèves noires de tout le comté, vous m'en direz des nouvelles ! En attendant, vous et ces deux messieurs de votre suite prendrez bien quelque boisson requinquante ? Oui ? Parfait, ce sera parfait, j'ai justement là un petit vin de noix qui vous mettra bien en appétit, vous pouvez y aller, je le fais moi-même et c'est inclus dans nos prestations. Alors, si votre Seigneurie voudra bien pardonner ma curiosité, par quel miracle devons nous votre présence dans ce village reclus loin de tout ? Nous ne pensions pas vous revoir de sitôt, vous savez. Pour tout dire, nous ne pensions pas vous revoir du tout. Avant que votre père n'y débusque une sorcière, notre village ne présentait pas vraiment d'intérêt pour qui que ce soit, et aujourd'hui pas plus qu'hier. Perdus ? Ah ben ça, ce n'est pas commun. N'avez-vous pas vu la pancarte indiquant la route de Pierrebois-les-Onces ? Si ? C'est en la suivant que vous êtes arrivés ici ? Ah, c'est étrange. Quelque vagabond facétieux ou animal sauvage l'aura faite tourner du mauvais sens. J'en toucherai mot au bourgmestre, il se chargera de rectifier ce malencontreux désagrément dès demain. Ce soir ? Ah non, Messire, j'ai bien peur que ce soit impossible. C'est que, voyez-vous, tous les hommes du village sont actuellement occupés à mettre en place tout le nécessaire pour la fête de ce soir. Oui, pour la Saint-Jean, bien évidemment. C'est que, je ne sais pas ce qu'il en est des grandes villes comme les vôtres, mais nous accordons une très grande importance à nos traditions, ici. Pardonnez-moi, mais vous semblez bien pâle, tout à coup, auriez-vous avalé de travers ? Ah mais non, ne vous inquiétez pas, c'est normal. C'est que ce vin de noix est une préparation un peu spéciale, elle contient certaines herbes médicinales de ma connaissance. Non, non, je vous en prie, inutile de vous agiter de la sorte, ça ne sera plus très long, et puis vous ne ferez qu'augmenter les effets. Laissez-vous aller, ça ira beaucoup mieux. Ce que je vous ai fait ? Oh, trois fois rien. Voyez-vous, je vous ai un peu menti, la sorcière que votre père a occise n'était pas la seule de ce village. En vérité, elle était notre guide, car ce village tout entier est peuplé de sorciers. Elle avait prévu votre arrivée, bien avant que votre père ne vienne accompagné de son fils aîné. Elle savait qu'il lui serait impossible d'éviter le bûcher, alors elle a passé des mois à préparer un sort majeur de résurrection. Puis elle nous a laissé les instructions pour le lancer correctement, afin que nous la retrouvions. Et il se trouve que vous, en tant que premier fils de sa Seigneurie qu'il l'a faite exécuter, êtes l'un des ingrédients de ce sort. L'ingrédient principal, en fait. Et la construction que vous avez peut-être aperçue sur la place, c'est le bûcher sur lequel vous trépasserez d'ici quelques heures, à minuit. Et personnellement, j'espère que vous avez été bien nourri avant de prendre la route, votre viande n'en sera que bien meilleure à notre palais.



Pour qui serait intéressé, le thème de cette semaine est :
2017.26. - Une histoire sur la nostalgie


 

Dernière modification par Tardian (25/06/2017 23:54:09)


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#219 02/07/2017 19:41:44

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Je ne suis pas spécialement convaincu par celui-là. Mais je n'avais vraiment pas d'autre idée, donc, bon, je ferai avec.

2017.26. - Une histoire sur la nostalgie

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Tu n'as pas oublié, n'est-ce pas ? Non, tu ne me feras pas croire cela. Nous sommes adultes, à présent, nous avons des maris, des enfants, un travail, mais tout cela ne saurait nous faire oublier d'où nous venons. Cette maison, nous y avons passé notre enfance, et je sais que tu t'en souviens. Je sais que tu n'as pas pu oublier la cabane dans le vieil orme, les parties de cache-cache dans le verger, les exceptionnelles tartes aux quetsches de maman, ni même simplement l'odeur du petit-déjeuner qui nous tirait du lit le dimanche matin, et maman qui nous préparait pour aller à l'église. Et les parties de Monopoly au coin du feu le soir, pendant les vacances d'hiver, avec Charlie, qui est parti bien trop tôt. Dis, tu te souviens des crises de rires avec papa et maman quand il faisait le clown, déguisé avec les vieilles fripes de la malle de mamie ? Oh oui, je sais bien que tu n'aimes pas parler de notre frère, pour moi aussi le souvenir est douloureux. Douloureux quoique un peu agréable, parce que nous avons vécu tant de belles choses ici, avec lui, et avec papa et maman. Toutes ces aventures dont seuls les enfants ont le secret, toutes ces petites joies, ces mystères, et cette vie si simple. C'est la maison de notre enfance, c'est la boîte à souvenirs de toute une partie de notre vie. Si encore nous avions au moins des photos, mais papa disait qu'il faut vivre les bons moments, pas les photographier, il prétendait que la photo n'est qu'une parodie de souvenir, sans intérêt et sans âme. Il avait tort, bien sûr, mais c'était papa. Il se pensait immortel, il n'avait aucune idée de ce que nous pourrions ressentir, et de ce qui nous manquerait, tant d'années plus tard. Ah, elle était si douce, la vie de ce temps perdu à jamais. Nous n'avions rien à nous soucier, à part faire nos devoirs et aider maman à la maison. C'était notre château, elle nous semblait si grande et si merveilleuse ! C'est notre dernier lien avec cette enfance de rêve, et toi ! Toi, tu veux la vendre ! Je ne te laisserai pas faire, ma chère sœur, c'est inadmissible ! Je ne te laisserai pas vendre nos souvenirs au premier venu ! Non, je n'ai pas l'argent pour racheter ta part, c'est vrai. Mais laisse moi encore un an ou deux, je suis certaine d'obtenir le peu qu'il me manque, tu peux bien faire ça pour ta petite sœur, non ? Ce n'est pas comme si nous étions ce genre de famille à se déchirer pour un rien, nous sommes toujours restées en très bons termes, toi et moi, n'est-ce pas ? Je sais que tu as besoin d'argent pour ton projet, mais n'y a-t-il pas d'autre solution que de vendre notre enfance à un inconnu ? Comment ça, ce n'est pas un inconnu ? Parce qu'en plus tu as déjà trouvé un acheteur ! Et puis-je savoir à qui tu comptes refourguer un pan entier de notre vie ? Oh. Mais je croyais qu'il était porté disparu, tonton Gides ? Laisse-moi réfléchir un peu, je me souviens à peine de lui… Pardon ? Ah, c'était lui ! C'était lui qui s'occupait de la maison et de nous quand maman et papa partaient en voyage. Oui, c'est plutôt rassurant. Tu lui fais vraiment confiance ? Et je pourrai venir quand j'en aurais envie ? C'est vrai ? Dans ce cas, c'est d'accord, vends-lui la maison. Mais j'espère que tu ne te trompes pas sur son compte, sinon je ne te le pardonnerai jamais.




Et le prochain thème est :
2017.27. - Une histoire qui contient une chanson ou un poème


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#220 12/07/2017 01:54:15

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Vu que je commence un peu à me sentir tout seul sur ce coup-là, j'avoue que j'ai du mal à garder ma motivation. Mais je me suis promis de tenir l'année entière, et d'écrire 52 foutues nouvelles. Alors, même si c'est avec du retard, et que c'est tout petit, je me suis un peu secoué les puces pour sortir un truc ce soir, avant d'aller me coucher. Même que je le trouve pas si mauvais que ça, finalement. Pour une nano-nouvelle.

2017.27. - Une histoire qui contient une chanson ou un poème

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Il court, il court, le furet… Arrête de bouger. Le furet du bois, Mesdames… Arrête de bouger, j'te dis. Il court, il court, le furet… Oui bah, excuse-moi, mais j'ai jamais fait ça avant. Le furet du bois joli… Et ça me rend nerveux. Il est passé par ici… Et quand je suis nerveux, chanter, ça me détend. Il est passé par ici… Ça m'évite de me déconcentrer. Il est passé par ici… Ah non, c'est deux fois, deux fois, merde. C'est quoi après ? Ah, oui. Il repassera par là… Mais arrête de bouger, bon sang ! Tu veux que je te crève l'œil ou quoi ?! Il repassera par là… Oui, j'imagine bien que ça fait mal. Il court, il court, le furet… Je fais de mon mieux, OK ? Le furet du bois, Mesdames… Il... Oui, bah c'est bon, j'ai presque fini ! Arrête de bouger et ça se passera bien. Il court, il court, le furet… Là, encore quelques points et ce sera bon. Le furet du bois joli… Attention, ferme les yeux, on ne sait jamais. Il est passé par ici… Il est passé par ici… Il repassera par là… Plus qu'une. Il repassera par là… Et voilà ! Tiens regarde toi dans le miroir. Je sais, c'est impressionnant, mais une fois cicatrisé, ça devrait rester discret, fais-moi confiance. J'ai jamais fait de suture avant, mais tu me connais, je suis soigneux, et j'aime le travail bien fait. Il court, il court… Eh merde, je vais l'avoir dans le crâne pour au moins deux semaines. Fait chier. Ouais bah j'y peux rien, t'en as de bonnes toi ! C'est la première chanson qui m'est venue en voyant passer l'aiguille.



Pour cette semaine déjà bien entamée, le thème est :
2017.28. - Une histoire qui s'achève sur un lever de soleil
J'espère trouver un truc. Si possible avant vendredi, vu que je pars tout le week-end. Sinon, ce sera pour lundi ou mardi, tant pis. Je suis plus à un retard près.


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#221 12/07/2017 11:53:23

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Hé Tardian, mon concours est fini et les inscriptions/dossiers etc. en passe de l'être. Ne te décourage pas, je te rejoins sous peu ! smile


«  Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons pas. »
Erik Satie

Projet Bradbury, écriture participative, c'est par ici !

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#222 15/07/2017 19:52:56

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Qui c'est qui s'est trompé... ? J'ai pas vérifié le thème avant d'écrire mon truc et j'ai écrit un truc qui se termine par un coucher de soleil... big_smile Je vous le poste tel quel, en mauvaise élève que je suis, et je vais rajouter une métaphore vite fait dès que je suis un peu plus en forme (rallumage des lumières dans la salle de spectacle = lever de soleil symbolique).

Mais j'ai promis que je revenais, alors je reviens, nom de nom !
2017.28. - Une histoire qui s'achève sur un pas tout à fait lever de soleil

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Le Charme du cygne

   Junie avait été baignée toute son enfance d’un rêve fort partagé parmi les petites filles : celui de devenir danseuse étoile. Sans doute use-t-on du terme, enrubanné de sourires et d’une excitation toute enfantine, bien plus souvent que ne le permet la réalité du titre. Graine d’étoile, qu’on murmure entre mamans à la sortie des écoles, Graine d'étoile ! qu'on publie dans le journal local, assorti d’une photo en noir en blanc d’une gamine tout sourire en justaucorps, et cela nous autorise tous les fantasmes imaginables. Junie avait eu le malheur de prendre au mot ce qui n’était, au fond, qu’une façon de rêver.

            Son parcours releva plus ou moins de l’idéal, à quelques arrangements près. Petits échecs, classe privée, stage de trois mois à l’école de l'Opéra, jusqu’à ce qu’elle décroche une place au Conservatoire national supérieur de danse de Paris, le seul qui vaille la peine à ses yeux. Son destin nécessairement tout tracé s’accommodait mal des petits arrangements que nécessitait le réel.
            À quinze ans, elle fut sélectionnée pour le prestigieux concours de Lausanne, et elle sut immédiatement quelle variation elle allait danser. Aut Caesar, aut nihil – Empereur ou rien, était la devise de César Borgia – son frère la lui répétait tout le temps pour rire depuis qu’il l’avait vue dans un jeu vidéo. Junie, elle, serait cygne ou rien. Sa professeure tenta de la dissuader d’un tel choix : elle était trop jeune, et elle n’avait ni la maturité technique ni la force interprétative pour assumer la variation du cygne blanc, une des plus difficiles du répertoire. « Tu devrais plutôt faire Paquita, elle est plus enlevée, elle te mettra mieux en valeur », répétait-elle, mais Junie ne voulait rien entendre. Elle danserait le cygne. Elle s'en souviendrait toute sa vie, de son premier cygne, du tutu blanc, du diadème de plumes et de la chaleur des projecteurs sous laquelle il fallait donner l’impression de sortir d’un lac triste et gelé. Elle y penserait plus tard avec émotion.
           On jugea la variation trop grande pour ses petites ailes, souligna son « manque de réalisme » et elle fut recalée avant la finale – celle qui passait à la télé. Envolés les espoirs de se faire connaître, de décrocher un prix et, pourquoi pas, une bourse – tout cela avait sombré dans le lac aux eaux profondes. Junie passa par une déprime sévère, puis elle parvint à se persuader qu’elle avait recalée parce qu’elle n’avait pas joué le jeu des convenances, qui faisait qu’on ne dansait le cygne qu’à partir d’un certain âge et d’un certain statut. Elle se remit à travailler et à dix-huit ans, réussit à briguer une place de surnuméraire au concours externe de l’Opéra de Paris.
            La somme des échecs minimes de sa vie lui avaient appris à reconsidérer son parcours et à développer, en toutes circonstances, des questions de contextes et des explications. Le cygne ou rien ! dormait toujours dans son cœur, mais il souffrait de temps en temps quelques négociations. Certes, elle n’était pas titulaire. Mais c’était la meilleure compagnie du monde, et certains des meilleurs avaient commencé comme cela. Serafina Vagliero, sacrée étoile il y a quelques années, n’avait-elle pas, elle aussi, été surnuméraire, à ses débuts ? Elle était même partie d’une ancienne compagnie pour tout recommencer à l’Opéra, et elle avait de nouveau gravi les échelons uns à uns, sans jamais faillir. Junie, elle, était arrivée dans la bonne compagnie du premier coup. Il n’y avait plus qu’à passer quelques concours et arriver à une place qui, elle en était persuadée, lui était due. Elle avait vingt ans devant elle, elle ne pouvait qu’y arriver.
~ *  ~

            L’âge de la retraite, pour les danseuses de l’Opéra de Paris, est de quarante-deux ans et demi, sans exception. Au-delà, le corps est trop usé pour exprimer encore le charme espiègle ou tranquille des oiseaux de feu et des princesses de songe.
             À quarante-deux ans, Junie n’était pas devenue étoile. Elle était devenue titulaire un peu tard, et finissait coryphée, soit le deuxième rang du corps de ballet. Elle n’avait jamais réussi le concours pour devenir soliste. Elle l’avait parfois raté de peu – d’une ou deux places. En fin de carrière, il lui était parfois arrivé de finir bonne dernière. Elle l’avait passé chaque année, comme un rituel obligé, espérant un coup du sort en sa faveur, ou croyant avoir les jurys à l’usure. Elle avait tenu bon. Manque de chance, le jury aussi.

            Ironie du sort, elle terminait sa carrière sur Le Lac des cygnes. Le hautbois plaintif de l’ouverture, la musique de ballet que tout le monde connaît, retentissait devant un parterre silencieux, et elle était dans les loges à vérifier son chignon et terminer ses étirements, son pantalon de laine encore sur les jambes. En fait de tutu à plumes, elle portait une robe bleue et rose de princesse anonyme, de celles que le prince refuse sempiternellement d’épouser. Au deuxième acte, pendant que le cygne noir le séduirait, Junie sautillerait sur la danse napolitaine, sans pointes, dans un dernier au revoir à la scène. Les danses de caractère n’avaient pourtant jamais été son fort. Puis ce serait fini.

            Parce qu’elle n’avait pas tout à fait réussi, Junie avait l’impression d’avoir gâché sa vie. Qu’importait pour elle que la plupart des « graines d’étoile » des gazettes régionales aient fini secrétaires, institutrices ou chefs d’entreprise. Lorsque le crépuscule tomberait sur le lac, signant la mort du cygne blanc et du rêve inaccessible qu’il incarnait, Junie aurait déjà enfilé son jean, un pull vieux-rose de la même couleur que son dernier costume, et serait dans le métro en train de rentrer chez elle. Seuls les cygnes blancs saluent au dernier acte, avant le dernier tomber de rideau. Le problème des rêves de réussite, c’est qu’ils sont accessibles à tout le monde.



Oui je suis une nullos big_smile
Sinon j'ai une très longue nouvelle qui colle au thème, et se termine vraiment par un lever de soleil, elle s'appelle L'Intransigeante. Mais elle était déjà écrite alors ça aurait été de la triche !


«  Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons pas. »
Erik Satie

Projet Bradbury, écriture participative, c'est par ici !

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#223 16/07/2017 23:43:58

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Voilà, c'est une nouvelle semaine qui commence, avec ce thème :

2017.29. - Une histoire qui commence par les mots : "zut et flûte" ("fuck you", dans le texte original)

Et comme j'essaie de me remettre à l'écriture, j'ai écrit un petit texte, que voici - je suis très rouillé et je me suis probablement embrouillé dans la ponctuation des dialogues, mais c'est mieux que rien :

Spoiler : Afficher

« Zut et flûte ! s’exclama Daniel »
Camille le fixa avec une expression énigmatique, comme si elle essayait de déterminer si elle devait être surprise ou blasée. 
« Zut et flûte ? Sérieusement ? Tu peux pas dire « putain » comme tout le monde ?
- Eh, fous-moi la paix. Cette aventure est censée nous rapprocher, mais ça va pas marcher si on s’engueule.
- Bon, très bien, soupira Camille. Qu’est-ce qu’il y a ?
- J’arrive pas à crocheter la serrure… Pourtant c’est bien comme ça qu’il faisait le mec sur le tuto Youtube.
- Laisse-moi essayer quelque chose.
Camille posa une main sur son épaule pour qu’il s’écarte, ce qu’il fit immédiatement. Elle tourna la poignée, et la porte s’ouvrit. Puis, elle reporta son regard sur Daniel. Plus d’indécision, cette fois-ci : elle était définitivement blasée.
« Comment j’aurais pu savoir que ce n’était pas verrouillé ? Franchement, qui ne ferme pas sa porte à clé de nos jours ?
- Les tueurs à gages qui se disent que personne n’est assez stupide pour essayer de les cambrioler. Allez, dépêchons-nous. »
Ils rentrèrent dans l’appartement, refermèrent la porte derrière eux et se mirent à fouiller. Camille regarda sa montre et dit à son amant :
« Il est parti il y a une vingtaine de minutes, donc ça devrait nous laisser au minimum deux heures. »
Daniel acquiesça tout en continuant à parcourir le mobilier à la recherche d’un éventuel trésor, d’un endroit secret où le tueur cacherait l’argent de ses contrats. Tandis que Camille était concentrée et méthodique, il s’en donnait à cœur joie et poursuivait ses fouilles en souriant. Il se surprit même à siffloter, ce que Camille ne manqua pas de remarquer.
« Concentre-toi, on n’est pas là pour s’amuser. Si on n’est pas loin d’ici quand il rentre, on est morts.
- Détends-toi un peu. Si on est là c’est quand même parce que le psy nous as dit de « pimenter notre vie de couple » et « d’oser prendre des risques », donc s’amuser est quand même important.
- Quand il parlait de « risques » je ne suis pas sûr que c’est ce qu’il avait en tête…
- Justement, il sera fier de nous quand on lui dira à quel point on a pris son conseil au sérieux.
- On ne va pas lui dire qu’on a cambriolé l’appart d’un tueur à gages, Daniel.
- Pourquoi pas ?
- Parce que vous n’en aurez jamais l’occasion, fit une voix masculine derrière eux.
Ils se sursautèrent et se retournèrent pour voir, devant la porte d’entrée, un homme tenir un fusil de chasse à la hanche en direction de Camille. Il appuya sur la gâchette, et une pluie de plombs s’abattit sur le ventre de celle-ci, qui tomba au sol sous l’impact.
Le tueur pointa alors son fusil sur Daniel, et celui-ci eut tout juste le temps de prononcer ses dernières paroles avant de subir le même sort :
« Zut et flûte. »



Edit : Je voulais le poster à minuit pile mais j'ai été pris d'un excès d'enthousiasme.

Dernière modification par Lemexis (16/07/2017 23:44:58)

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tatazizou, Tardian, Tatiza aiment ça.

#224 17/07/2017 00:24:41

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Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Rien à voir, ou peut-être que si :

"Zut et flûte", ne serait-ce pas le titre (traduit, "Of Course") d'une nouvelle de jeunesse du merveilleux ♥ Isaac Asimov ? (Tourti, Tardian... et les autres que je n'ai pas identifiés : Please Help !)


La plus fastidieuse étape du deuil, qu'aucun "psy" n'a jamais prise en compte : la paperasse !

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#225 17/07/2017 01:01:45

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Aujourd'huit
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Messages : 8850

Re: Projet Bradbury -> 52 Sujets pour 52 Nouvelles [Ouvert à tous !]

Pas exactement. Pour moi le titre traduit d'une nouvelle de Asimov qui y ressemble le plus serait "Flûte, flûte et flûtes ! (Identifiez-vous pour voir le lien)", nouvelle éponyme au recueil qui la contient. Mais point de "zut et flûte" dans mes souvenirs.


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« La haine est la seule passion accessible aux médiocres. Ils trouvent, à haïr, un semblant de grandeur. C'est pourquoi la haine est si commune et si facile à propager. » René Barjavel
                    
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